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Getlink sait jouer sur la variable prix
On l’a découvert mois après mois : pandémie et reconfinement partiel obligent, les passagers ont boudé le tunnel sous la Manche. Pourtant, son opérateur Getlink (ex-Eurotunnel) a publié ce matin au titre du troisième trimestre un chiffre d’affaires relativement préservé – comprendre moins mauvais que prévu. En l’occurrence, une baisse de 17% à change constant, à 252,1 millions d’euros, alors que le consensus de prévisions des analystes s’établissait à 232 millions.
Comment l’expliquer ? Une activité en hausse dans la partie Fret des navettes, ainsi que la capacité du groupe, dans l’activité Passagers des navettes, à jouer sur les prix (son "yield") grâce à son offre Flexiplus (billets valables un an, totalement échangeables et remboursables) et aux réservations tardives : en dépit d’un trafic en forte baisse entre juillet et septembre par rapport à l’année dernière (-30% pour les voitures et -74% pour les autocars), le chiffre d’affaires des navettes Eurotunnel n’a reculé que de 2%, à 181,2 millions d’euros.
"L’activité voiture du Shuttle s’est bien comportée comparée aux autres acteurs du secteur du transport, avec notamment des records de réservation début juillet lors de la levée de la première quarantaine britannique, et un trafic important avant la mise en place de la seconde quarantaine (-5% par rapport à 2019 sur la première semaine d’août)", explique ainsi Getlink. Par ailleurs, Europorte, autre activité de fret, a progressé de 3% à 32,2 millions d’euros. De quoi compenser partiellement l’effondrement de 57% du chiffre d’affaires généré par le réseau ferroviaire (Eurostar), à 36 petits millions d’euros, dû aux restrictions de voyage.
Évidemment, les chiffres pris depuis de début de l’année demeurent mauvais, puisqu’ils prennent en compte les deux mois de confinement qu’a connus l’Europe. Le revenu de Getlink accuse un recul de 25% (à 828 millions d’euros). Étant donné les nouvelles restrictions annoncées la semaine dernière face à la deuxième vague de contaminations, rien ne laisse supposer une amélioration d’ici à la fin de l’année. C’est pourquoi Getlink a également annoncé qu’il renonçait à son objectif d’Ebitda pour l’exercice 2020 de 350 millions d’euros, les hypothèses utilisées en juillet dernier pour le calculer n’étant plus valables, en particulier l’absence de nouvelles restrictions de circulation.
Mais l’opérateur a communiqué d’autres informations importantes qui ont aussi probablement alimenté la hausse de l’action Getlink aujourd’hui, qui s’adjugeait près de 3,4% vers 14h00, à 12,31 euros. D’une part, il a lancé un "programme de performance avec un accent sur la réduction des coûts et la gestion stricte de la trésorerie", sans préciser de montant à ce jour. Getlink a montré au cours du trimestre passé qu’il avait déjà su maîtriser son BFR et ses flux financiers, puisque la trésorerie disponible a déjà progressé de 85 millions d’euros par rapport au 30 juin, pour atteindre 596 millions au 30 septembre. Enfin, le groupe a obtenu un moratoire (waiver) sur le principal engagement financier (covenant) associé à sa dette à long terme.
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