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Publications, Résultats / Getlink / Eurotunnel / Covid / Brexit / Yoann Leriche

Publications, Résultats
Getlink / Eurotunnel / Covid / Brexit / Yoann Leriche

La nouvelle activité de Getlink fait déjà des étincelles / Post-Covid, l'Eurotunnel reprend des couleurs

L'exploitant de l'Eurotunnel a enregistré des résultats record en 2022, avec un chiffre d'affaires doublé et un excédent brut d'exploitation presque multiplié par trois. Le lancement d'ElecLink, projet d'interconnexion entre la France et le Royaume-Uni a dépassé les attentes. La fin du Covid-19 et les mesures stratégiques mises en place pour "transformer le Brexit en opportunité" ont fortement profité à l'activité. 
Yann Leriche, directeur général de Getlink (©Bruno LEVY/CHALLENGES-REA)
Yann Leriche, directeur général de Getlink (©Bruno LEVY/CHALLENGES-REA)

Les pages "Covid-19" et "incertitudes liées au Brexit" sont enfin tournées. De ce fait, Getlink entame un nouveau chapitre, qu’il pourrait intituler "croissance à vitesse éclair". L’exploitant de l'Eurotunnel a en effet présenté des résultats record au titre de 2022, tant en termes d’activité que de rentabilité. Le chiffre d’affaires a plus que doublé, en amélioration de 107 % sur un an et a atteint 1,6 milliard d’euros. Meilleure performance, encore, pour l’excédent brut d’exploitation qui a, quant à lui, presque triplé sur la période, à 886 millions d’euros.

Au sommaire, donc, de ce nouveau chapitre : le lancement d’ElecLink, la reprise de l’activité Eurotunnel et la mise en œuvre des priorités stratégiques. Tout d’abord, la dernière activité arrivée dans le groupe, ElecLink a effectué un démarrage en fanfare. Jeune d’un peu plus de sept mois, le projet d’interconnexion électrique reliant la France et le Royaume-Uni représente déjà un quart du chiffre d’affaires. La temporalité du lancement aura été adéquate, "puisque la France manque d’énergie", fait remarquer le directeur général du groupe, Yann Leriche, à l’occasion de la conférence de presse pour la présentation des résultats. ElecLink a facturé 420 millions d’euros depuis le 25 mai dernier et "486 millions d’euros sont déjà contractualisés pour 2023. Supérieur donc, à l’activité de 2022, qui était déjà robuste", pointe le directeur général. 

 

La fusion Eurostar-Thalys de bon augure

 

Concernant l’Eurotunnel, "le trafic est revenu et la croissance est impressionnante", se félicite Yann Leriche. L’activité reine du groupe s’est en effet appréciée de 63 % sur l’année, à un peu plus d’un milliard d’euros. Le nombre de passagers de l’Eurostar, principal client de la société, s’est multiplié par cinq pendant l’année. Et la fusion d’Eurostar avec Thalys, "projet de croissance", s’enthousiasme le directeur général, devrait encore davantage faire progresser le nombre de passagers.

Il y a ensuite la conséquente feuille de route stratégique, qui a déjà porté ses fruits sur l’année. En son sein, l’attention a, entre autres, été portée sur la gestion des clients. "Cela offre de la valeur", souligne Yann Leriche. Une nouvelle modalité de gestion des relations avec ses clients a été mise en place en partenariat avec Salesforce et l’application My Eurotunnel a rencontré un franc succès avec plus de 265 000 téléchargements depuis son lancement. Autre axe stratégique : transformer le Brexit en opportunité. "Le Brexit, ce sont surtout de nouvelles formalités douanières, que nous gérons avec les gouvernements", fait remarquer le directeur général. "La traversée reste la même qu’avant", ajoute-t-il. Dans la lignée de son premier axe stratégique, la société a en effet créé une solution digitale afin de faciliter la traversée de la frontière pour ses clients. Getlink a aussi créé une zone pour les chauffeurs de fret, le Truck Village, dans lequel ils pourront retrouver des machines à laver, des télévisions ou tout autre type de services pour faciliter leur travail.

 

"Vert par essence"

 

Il y a également la gestion des coûts, afin de faire face à l’envolée des prix de l’énergie puisque l’exploitant du tunnel sous la Manche fonctionne à l’électricité. "Face à une augmentation de 53 millions d’euros de nos coûts sur l’année en lien avec l’inflation, nous avons réalisé 40 millions d’euros d’économies", pointe la directrice administrative et financière du groupe, Géraldine Périchon. Enfin, Getlink met en lumière sa stratégie climatique. "Nous sommes vert par essence puisque notre empreinte carbone est faible", avance le directeur général. "Nos activités sont alignées à 94 % sur la taxonomie", rappelle Yann Leriche, qui se félicite par ailleurs que la société ait été sélectionnée pour intégrer l’indice Cac SBT 1,5 d’Euronext dès son lancement.

 "Nos fondations sont solides et notre offre unique. Mais à court terme, tous nos marchés ne sont pas forcément orientés à la hausse (...) et certains sont plus que compétitifs", admet le directeur général, faisant notamment valoir un dumping social organisé par certaines sociétés de transport maritime qui emploient, pour leurs ferrys, des marins aux statuts internationaux, alors même que les eaux entre la France et le Royaume-Uni ne se situent pas dans les zones internationales. Pas de quoi décourager Getlink pour autant : le groupe vise pour l'année 2023 un excédent brut d'exploitation d'au moins 910 millions d'euros. "C'est une borne basse mais nous somme bien partis pour rebattre notre record", conclut Yann Leriche.

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