Politique économique / Edouard Philippe / Covid / Assemblée Nationale
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Edouard Philippe / Covid / Assemblée Nationale
Le déconfinement en demi-teinte d'Edouard Philippe
Les annonces étaient très attendues par l'ensemble des Français. Edouard Philippe s'est exprimé cet après-midi pendant un peu plus d'une heure au Palais-Bourbon, devant un nombre restreint de parlementaires de la majorité et de l'opposition, mesures sanitaires obligent.
Parmi les mesures les plus attendues, le Premier ministre a donné de nouveaux chiffres concernant les tests : "A la sortie du confinement, nous serons en capacité de massifier les tests avec 700.000 tests virologiques par semaine" a-t-il précisé, expliquant également à propos, cette fois-ci, des masques de protection que "Nous incitons les Français à se procurer des masques. Nous recevons 100 millions de masques par semaine." Mais Edouard Philippe a prévenu : "si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai." Les efforts doivent donc se poursuivre : gestes barrière, distanciation sociale...
Pour ne pas que l'impact économique soit plus fort que ce que le pays est déjà en train de vivre, le Premier ministre a annoncé la réouverture des commerces le 11 mai, avec "un cahier des charges strict (...) pour faire respecter les distances minimales. Le port du masque sera recommandé pour le personnel et les clients. Un commerçant pourra subordonner l'entrée au port du masque." La reprise économique passera également par la reprise des transports, tout en incitant au télétravail car "le respect des gestes barrière" dans les transports en communs "est particulièrement difficile." Le retour à la vie sociale sera, lui aussi, limité : les événements regroupant plus de 5.000 personnes seront interdits jusqu'au mois de septembre, et les rassemblements privés ne devront pas excéder dix personnes.
Plus qu'un plan de déconfinement, c'est un plan de confinement prolongé qu'a proposé cet après-midi le Premier ministre devant la représentation nationale. Car, même si le pays ne peut financièrement supporter plus longtemps un confinement si strict, les autorités se sont bien rendues compte qu'il était beaucoup trop tôt pour un déconfinement "total", ou pour un déconfinement à l'allemande qui, depuis plusieurs jours, tourne outre-Rhin au fiasco. Ainsi, Edouard Philippe a, comme depuis le début de la crise sanitaire, souhaité faire de la pédagogie, en oubliant les questions politiques. Raison pour laquelle, par exemple, il n'a pas dit un mot d'un éventuel report du prochain scrutin municipal bien que, selon nos informations, plusieurs réunions interministérielles soient en cours afin de travailler à un report pour le mois de septembre prochain. Mais là encore, rien n'est définitif. Le gouvernement, pour ce déconfinement comme pour les questions politiques annexes qui l'entourent, est dépendant d'abord et avant tout de l'évolution du virus.
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