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Macro-économie / Taux / pétrole / Agence internationale de l'énergie / Covid

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L'effondrement dramatique de la demande de pétrole

Malgré l’accord de l’OPEP+ dimanche dernier pour une réduction de la production de 10 millions de barils par jour, les prix du pétrole ont continué de baisser. En cause, l’effondrement de la demande mondiale.
Pétrole - essence - station
Pétrole - essence - station

L’accord sur le plafonnement de la production de pétrole auquel les producteurs de l’OPEP et la Russie sont parvenus dimanche n’a pas enrayé la chute des prix. Et le cours du Brent continuait de dégringoler ce matin, après la publication d'un rapport de l’Agence internationale de l’énergie soulignant l’effondrement de la demande mondiale. En fin de matinée, le baril de Brent s’échangeait autour de 27 dollars, contre un peu plus de 50 dollars début mars et 71 dollars en début d’année.

Selon les experts de l’agence, aucun accord entre les pays producteurs ne permettra de compenser l’écroulement catastrophique de la demande mondiale d’or noir à court terme. Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie publié hier soir prédit ainsi une baisse de la demande de pétrole de 9,3 millions de barils par jour sur l’année, spécifiant que celle-ci a chuté de 29 millions de barils sur un an en avril et devrait encore baisser de 26 millions de barils par jour en mai. Le niveau d’avril représente un plus bas sur un mois qui n’avait pas été atteint depuis 1995. Selon l'AIE, les mesures de confinement devraient même effacer près d’une décennie de croissance de la demande. Ces mesures “concernent désormais 187 États dans le monde et ont entraîné une quasi-immobilisation des populations”, provoquant une chute vertigineuse de la demande d’or noir.

Face à cela, la réduction de la production décidée par les membres de l’OPEP + apparaît insuffisante pour faire repartir les prix à la hausse à très court terme. Les pays producteurs de l'organisation et la Russie ont convenu de réduire leur production de 9,7 millions de barils par jour à partir du mois de mai et au cours du mois de juin, puis de la baisser de 7,7 millions de barils par jour jusqu’à fin décembre. Un accord multiphases avec un élément dégressif censé évoluer en fonction de la demande, les producteurs se réunissant de nouveau mi-juin pour discuter.

Par ailleurs, en plus de la réduction décidée par les pays producteurs de l’OPEP et la Russie, la production du Canada et des États-Unis devrait baisser de 3,5 millions de barils par jour du fait de l’arrêt de nombreuses exploitations et de la diminution des dépenses en R&D. Au total, les dépenses d’exploitation et de recherche devraient baisser de 32% sur l’année pour atteindre 335 milliards de dollars, un plus bas de 13 ans. Enfin, la Chine, l’Inde, la Corée du Sud et les États-Unis ont proposé de mettre à disposition temporairement une partie de leurs capacités de stockage disponibles pour éponger une partie de la surproduction du marché. “Si cette disposition est mise en place rapidement elle pourrait permettre de stocker environ 200 millions de barils ces trois prochains mois. Dans ce cas, elle entraînerait une réduction de l’offre de 2 millions de barils par jour”, estime l’AIE.

L’accord de l’OPEP + combiné à la baisse de la production canadienne et américaine et à l’augmentation des capacités de stockage, devraient tout de même permettre une reprise très progressive des cours du baril à partir du second semestre, conclut l’AIE. “Il est clair qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant que nous puissions mettre la crise de Covid-19 derrière nous. Toutefois, nous sommes encouragés par la solidarité dont font preuve les décideurs politiques des pays producteurs et consommateurs qui travaillent ensemble pour relever ce défi historique consistant à apporter de la stabilité au marché pétrolier", concluent les auteurs du rapport.

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