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Agence internationale de l'énergie / Emmanuel Macron / transition énergétique
La transition énergétique hexagonale tarde
Il y a déjà cinq ans, Emmanuel Macron exhortait les autres chefs d’État de la planète à agir contre un changement climatique contre lequel "on est en train de perdre la bataille". Cette phrase aurait pu parfaitement être prononcée aujourd'hui. En effet, le rapport de l’Agence internationale de l’Énergie (AIE) pointe un retard de la France dans ses projets de transition énergétiques, malgré son engagement dans les accords de Paris. Les efforts déployés depuis sont qualifiés de "progrès louables" mais n’ont pas permis d’atteindre les objectifs fixés.
Pour atteindre ces derniers, une série de mesures est proposée au gouvernement, dont une clarification des ambitions nucléaires du pays et de leur financement. L'AIE préconise également "une accélération significative des investissements dans la transition énergétique", dans la lignée de ceux opérés dans le plan de relance contre la pandémie.
De nombreux objectifs sont loin d’être atteint et auront besoin de fonds, comme en témoigne la part d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie en France : elle a seulement atteint 19,1 % l’an passé contre une cible de 23 %. Dans la même veine, l’efficacité énergétique est très loin des objectifs fixés : 130 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) devaient être consommées l’an passé, or ce sont 145,5 Mtep qui l’ont été. Une lenteur d’exécution qui est due en partie au temps consacré à mener des "réformes remarquables", afin de "raccourcir et rationaliser" les procédures administratives.
L’AIE estime que les résultats d’un tel investissement seront visibles dans les prochaines années. Néanmoins, le souvenir de la réduction rétroactive du soutien à la construction de centrales solaires - à la fin des années 2000 - est encore présent dans les mémoires et rend prudent les investisseurs. Le manque de visibilité à long terme est également mis en exergue par le rapport et participe à l’insuffisance des investissements privés notamment dans les capacités à grande échelle du parc électrique.
Le rapport prend également avec des pincettes les réductions d’émissions enregistrées l’année dernière - 12 % de réduction des émissions de CO2 en France entre 2019 et 2020 - puisque l’activité économique était contrariée. Autant de facteurs qui font dire à l’AIE que la France semble "être en mesure de rattraper son retard" uniquement à condition que la totalité des réformes en cours soient appliquées intégralement.
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