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Macro-économie / Taux / Agence internationale de l'énergie / pétrole / Russie / OPEP

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Le marché du pétrole est sur un fil

Les sanctions occidentales devraient diminuer significativement la production de pétrole russe au mois d'avril. L'Agence internationale de l'énergie précise que cette baisse ne devrait pas être compensée à court terme par d'autres producteurs. 
Protestation contre les importations de pétrole russe. PATRICK PLEUL / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance via AFP
Protestation contre les importations de pétrole russe. PATRICK PLEUL / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance via AFP

Le virage de la transition énergétique semblait définitivement pris suite à la pandémie, mais voilà que depuis l'invasion de l'Ukraine, "la sécurité énergétique est au premier plan des agendas politiques", écrit l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son dernier rapport mensuel sur le pétrole. Ce retour des questions de souveraineté énergétique s'accompagne de sanctions envers la Russie. L'AIE estime que l'effet conjugué des embargos sur le pétrole russe et de la frilosité des acheteurs, pourrait conduire à une diminution des quantités disponibles sur le marché en avril. Ce sont près de 3 millions de barils russes par jour qui pourraient ne pas se trouver sur les marchés.

L'AIE table désormais pour l'année 2022 sur une hausse de la demande de pétrole de l'ordre de 2,1 millions de barils par jour, en baisse d'environ 1 million de barils par jour par rapport aux précédentes prévisions. Des recommandations vont être faites en conséquence pour "réduire plus rapidement la demande de pétrole à court terme afin d'atténuer les tensions". Des recommandations doivent être publiées dans les jours à venir.

Une diminution de la production qui ne pourrait pas être compensée à court terme par d'autres pays producteurs. Notamment parce que ni les Émirats arabes unis ni l'Arabie saoudite ne devraient mettre plus de quantités sur les marchés alors qu'ils sont les plus à même de le faire. Pour l'instant, l'organisation des pays producteurs de pétrole n'a pas lâché son allié de longue date et reste sur un rythme gradué d'augmentation de la production. Un contexte géopolitique qui conduit l'AIE a révisé à la baisse de 1,3 million de barils par jour sa "prévision de demande mondiale " à partir du deuxième trimestre. 

L'agence basée à Paris ajoute que les sanctions contre la Russie auront comme conséquence de "déprimer sensiblement la croissance économique mondiale". L'une des conséquences est que la demande de pétrole pour l'année 2022 devrait rester, comme en 2020, sous le niveau de la demande de 2019 - l'AIE prévoit 99,7 millions de barils par jour.

Le pire est peut-être à venir puisque le rapport mensuel sur le pétrole précise que les pertes en termes de quantités de pétrole disponible "pourraient augmenter si les restrictions ou la condamnation publique s'intensifient". Le moment où s'achèveront les "accords à terme et les échanges conclus avant que Moscou n'envoie ses troupes en Ukraine" pourrait empirer la situation sur les marchés. À moins que le continent asiatique prenne le relais des commandes passées précédemment par le Vieux Continent.

Dans le même temps, "les stocks totaux de l'industrie de l'OCDE ont été réduits de 22,1 millions de barils en janvier" et ont atteint leurs plus bas niveaux depuis 2014. Les premières données préliminaires pour février indiquent également une nouvelle diminution de 29,8 millions de barils. L'AIE estime de plus qu'en "l'absence d'une accélération de la production, les stocks de pétrole devront équilibrer le marché dans les mois à venir".

 

 

 

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