Entreprises / Actions / Getlink / Eurotunnel
Entreprises / Actions
Getlink / Eurotunnel
La rentabilité de Getlink sera soumise à rude épreuve
Douche écossaise pour Getlink, l’opérateur du tunnel sous la Manche. Entre la levée de la quarantaine le 7 juillet, qui a provoqué un afflux soudain de passagers après des mois de confinement, et sa remise en place par les autorités britanniques le 14 août (où l’on a vu des Eurostar pleins à craquer de voyageurs voulant éviter de rester coincés sur leurs lieux de vacances puis vides à partir de cette date), le trafic a multiplié les coups d’accordéon pendant l’été.
Mais en définitive, il s’est montré catastrophique et Getlink a dû abandonner tout espoir de profiter d’un vif rebond porté par des clients avides de déplacements pour la période estivale après la fin des mesures de confinement à partir du mois de mai. Le trafic passager a chuté de 28% en août dernier par rapport à l'année précédente, avec 267.942 passagers, selon les chiffres communiqués par le groupe hier. Le fret fait meilleur figure (-7% à 110.327 camions). Le rétablissement de la quarantaine a creusé la tendance négative. Le trafic avait reculé de 21% en juillet, ce qui représentait une forte amélioration par rapport au mois de juin, où le trafic s'était inscrit en baisse bien plus forte (-69% sur un an pour les passagers -11% pour les camions). Mais le rétablissement de la quarantaine à tout changé.
Le trafic passager s'inscrit en effet en baisse de 42% depuis le début de l'année (à 1,83 million d'unités) et de 15% pour les camions (à 1,06 million). Le mois de mai a vu le trafic réduit quasiment à néant (-81% pour les passagers, -29% pour les camions). Mais c'est avril qui a évidemment été la pire période, avec une activité réduite quasiment à zéro : moins de 20.000 voyageurs ont traversé la Manche dans un sens ou dans l'autre, soit une glissade de... 91%.
L'année 2020 s'annonce donc bien morose pour Getlink, dont l'activité est par nature extrêmement spécialisée et dépendante d'une seule infrastructure. Une situation qui va immanquablement peser sur sa rentabilité, alors que l'Eurotunnel occasionne évidemment des coûts fixes à la mesure de sa taille.
Le groupe a d’ailleurs, fin juillet, abandonné ses objectifs à moyen terme et taillé considérablement dans ceux de l’année en cours : il n’attend plus désormais qu’un Ebitda de 350 millions d’euros, contre un objectif précédent de 580 millions (qu’il avait déjà suspendu en avril). Mais la réalité pourrait être encore plus difficile : ce nouvel objectif a été fixé pourvu qu’aucune mesure de confinement ne soit réintroduite d’ici à la fin de l’année. La quarantaine réimposée le mois dernier n’en est pas une stricto sensu, mais pour Eurotunnel, ses effets y ressemblent furieusement. Pour ne rien arranger, l'absence - pour l'instant - d'accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, alors que la période de transition prendra fin le 31 décembre prochain, fait planer des incertitudes tout aussi fortes sur le moyen terme. Une entrée en matière difficile pour Géraldine Périchon, nommée directrice administrative et financière le 7 septembre en provenance de Suez.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

