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Fusions, Acquisitions / M&A / Deal

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M&A : un millésime 2020 bien mal engagé

Les volumes de fusions-acquisitions de janvier ont été au plus bas depuis sept ans. Alors que les dirigeants affichaient leur confiance pour faire des deals cette année, plusieurs facteurs – dont l’inconnue coronavirus - risquent de peser sur les M&A en 2020.
Poignée de mains 2
Poignée de mains 2

 Au tournant de l’année 2020, il y a seulement quelques semaines, les banquiers et autres acteurs des fusions-acquisitions gardaient les meilleurs espoirs pour ce millésime. Mais force est de constater que l’année a commencé de façon très morose sur le plan des M&A : selon Refinitiv, seuls 164 milliards de dollars d’opérations ont été annoncées au mois de janvier, soit le mois le plus calme depuis avril 2013. Le principal facteur est bien sûr l’absence de méga deal dès ce début d’année, comme cela a été le cas en 2019 lorsque le laboratoire Bristol Myers-Squibb a annoncé racheter son compatriote américain Celgene pour 74 milliards de dollars. Mais même en excluant cette opération géante, les volumes restent en baisse de 30% sur un an. La plus grosse transaction de ce mois de janvier n’a été que le rachat de l’équipementier aéronautique Hexcel par son concurrent Woodward pour 6,4 milliards de dollars, alors que ces sous-traitants subissent de plein fouet les effets de la crise chez Boeing.

Au premier abord, rien n’a vraiment changé depuis fin décembre, lorsque les acteurs du M&A ont clôturé une année en léger retrait par rapport à 2018, mais tout de même la quatrième année historique en valeur, à plus de 3.000 milliards de dollars. Pourtant, la confiance des dirigeants, acquise grâce à une année de rallye des marchés, des taux au plus bas et des niveaux de trésorerie record, semble en train de s’effriter. Et cela, pour trois types des raisons.

La première d’entre elles est au cœur de l’actualité, même si son importance est difficile à évaluer. Le coronavirus paralyse pour le moment les relations commerciales avec la Chine, qui ferme ses frontières pour tenter d’endiguer l’épidémie. Certes, cette situation est temporaire et ne pourrait empêcher la finalisation d’un deal stratégique, mais les entreprises doivent d’abord déterminer l’impact que ce virus aura sur leur activité, et surtout sur leur supply-chain.

En deuxième lieu, la pression réglementaire, en particulier aux États-Unis où les autorités antitrust se sont montrées particulièrement intraitables sur des fusions horizontales. T-Mobile et Sprint en font actuellement les frais dans le secteur télécoms et n’ont toujours pas obtenu de feu vert près de deux ans après l’annonce de leur fusion. Cela est particulièrement vrai à propos des géants de la tech, mais pas seulement : lundi, la FTC (Federal Trade Commission) a attaqué le rachat du site d’e-commerce de rasoirs Harry’s par son concurrent Edgewell, annoncée en septembre pour 1,4 milliard de dollars.

Enfin, reste le risque politique, qui est indéniable dans une année électorale aux États-Unis, qui devrait provoquer de la volatilité sur tous les marchés mondiaux. D’autant que deux des candidats démocrates, Elisabeth Warren et Bernie Sanders, ont des positions très tranchées sur l’assurance-maladie universelle ou encore la régulation du secteur technologique. L’incertitude sur ce scrutin pourrait dissuader certains dirigeants de mettre en œuvre leurs projets M&A dans le pays.

Dernière alternative : le mois de janvier ne sera absolument pas révélateur de ce millésime 2020, qui restera à des niveaux élevés de volume comme les trois précédentes années.

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