Publications, Résultats / Carrefour / Alexandre Bompard
Publications, Résultats
Carrefour / Alexandre Bompard
Carrefour profite de l’effet Bompard
Ce matin l’action Carrefour est en hausse de plus de 3% dans un marché toujours fortement tiré à la baisse par les effets du coronavirus. Bien sûr le titre est encore loin du prix d’acquisition des deux principaux actionnaires : le groupe Arnault et la famille Moulin. Mais manifestement, après trois années d’observation, le marché se met enfin à croire vraiment à l’effet Bompard. Un effet qui ne porte pas tant sur le redressement financier que sur la transformation d’un groupe de plus de 300.000 salariés, qui se reposait depuis des années sur le modèle des hypermarchés, devenu, sinon en crise, du moins démodé.
Coté chiffres, la plupart des indicateurs sont au vert, puisque le chiffre d’affaires progresse de 3,1% à structures comparables, le résultat opérationnel courant est en hausse de 7,4 % à près de 2,1 milliards d’euros. Ce qui traduit une amélioration de la rentabilité opérationnelle de 16 points de base. Quant au résultat net ajusté, il progresse de 13% à 905 millions d’euros. Ce n’est pas encore la gloire, la richesse et la fortune. Mais tout montre que le groupe va dans le bon sens et cela valide le plan Bompard, même si cette amélioration résulte davantage du milliard d’euros d’économies réalisé en 2019 que des efforts faits en matière d’offre commerciale.
Pour Alexandre Bompard, l’alpha et l’oméga du redressement de Carrefour doit passer par une satisfaction clients revenue au meilleur niveau. Alors que lorsqu’il a pris les commandes du groupe, Carrefour était le plus mauvais élève de la classe dans ce domaine. C’est sur cette question qu’a reposé l’essentiel de ses efforts. Avec une amélioration du positionnement prix et le succès des prix "imbattables" sur plus de 500 produits de grande consommation essentiels. À cela se sont ajoutés des investissements de manière à améliorer l’offre produit, avec la volonté d’afficher une véritable expertise alimentaire et avec l’ambition de réaliser un tiers des ventes avec des produits à la marque Carrefour en 2022. Enfin le groupe poursuit ses investissements dans le digital, car l’e-commerce ne représente que 1,6% de ses facturations totales.
Fort de tous ces frémissements qui vont dans le bon sens, Alexandre Bompard a revu à la hausse les objectifs du plan Carrefour 2022. Avec une nouvelle et forte augmentation de la satisfaction clients, avec un plan d’économies porté cette année de 2,6 à 2,8 milliards d’euros et avec de nouvelles cessions d’actifs immobiliers non stratégiques. À la différence de concurrents sérieusement malades comme Auchan, Carrefour veut continuer à se transformer tout en investissant en permanence, tant sur l’offre que sur les prix affichés. Pour cela, le groupe dispose d’un cash-flow disponible de 1,3 milliard d’euros, en dépit de la distribution d’un dividende stable à 0,46 euro par action. Celle-ci peut ainsi afficher un rendement de 2,7 % qui permet aux grands actionnaires de patienter en attendant 2022.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

