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M&A / LVMH / Tiffany

M&A : closera, closera pas?

Le LBO à 17 milliards sur les ascenseurs de Thyssenkrupp, le rachat de Tiffany par LVMH...Les transactions signées avant le coronavirus pourraient échouer si l'acheteur invoque la force majeure. Mais des solutions demeurent, comme le démontre le leader mondial du luxe.
Poignée de mains 2
Poignée de mains 2

L’onde de choc du coronavirus n’épargne pas les banquiers d’affaires, dont les mandats sont de facto gelés à l’heure actuelle, mais elle pourrait aussi menacer leurs commissions sur les deals déjà signés. Cette situation exceptionnelle est prévue dans les contrats de vente, une clause dite MAC (Material Adverse event Clause), qui fait référence à un cas de force majeure affectant la valorisation de la cible. Mais étant donné qu’il n’y a pas de précédent, difficile de savoir si une pandémie rentrerait dans ces conditions volontairement restrictives.

L’année avait pourtant commencé sur les chapeaux de roue en Europe, avec des volumes en hausse de plus de 150% sur un an sur les deux premiers mois de l’année. La France n’était pas en reste avec Alstom qui a signé le rachat de la branche transport du canadien Bombardier (5,8 à 6,2 milliards d’euros), Covéa qui s’est lancé dans la réassurance avec la reprise de PartnerRe - à défaut de Scor - pour 9 milliards de dollars. Ou encore Worldline, l’ancienne filiale d’Atos qui a mis la main sur son compatriote Ingenico pour créer un leader européen du paiement (7,8 milliards d’euros). Certaines de ces opérations ont été réalisées majoritairement en titres, ce qui signifie qu’il n’y aura pas de problème de financement, même si elles coûteront mathématiquement plus cher en actions. Mais pour d’autres, les plus grands doutes demeurent, comme le LBO historique conclu par Advent et Cinven sur les ascenseurs de Thyssenkrup pour 17 milliards de dollars, juste avant le chaos. Alors que les fonds avaient monté un financement bancaire de 7 milliards de dollars en dette, les doutes sont permis sur leur capacité à maintenir ce syndicat dans la situation actuelle.

Un autre méga deal conclu en fin d’année dernière est surveillé de près puisqu’il implique le leader mondial du luxe, LVMH. Ce dernier avait pris le monde des affaires par surprise en novembre dernier, lorsqu’il avait annoncé racheter le joaillier américain Tiffany pour 135 dollars par action, soit une valorisation de 16,2 milliards de dollars. Or hier, le titre Tiffany était inférieur de 17% à cette offre publique, si bien que le groupe de Bernard Arnault envisage de racheter des actions sur le marché pour bénéficier de cette nouvelle décote. Selon Bloomberg, LVMH aurait engagé des discussions avec le board de Tiffany pour opérer des achats sélectifs après la publication des résultats annuels de l’américain, qui ont lieu ce vendredi avant l’ouverture des marchés.

Cette nouvelle a sans surprise fait à nouveau bondir le titre de plus de 13 % hier, mais au niveau actuel, l’action Tiffany offre encore une décote de plus de 6% par rapport au prix de l’offre LVMH. Si elle devait se concrétiser, cette solution serait en tout cas inédite, et une excellent façon pour LVMH de concrétiser un projet qui lui tient à coeur - le rachat d’une marque iconique de joaillerie - sans pâtir totalement de la chute drastique d’activité de la cible, et du krach boursier de ces derniers jours. Après son geste visant à fournir tous les hôpitaux de Paris en gels hydroalcooliques, LVMH montrerait ainsi qu’outre son devoir citoyen, il se comporte en acteur exemplaire des M&A.

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