Fusions, Acquisitions / LVMH / Tiffany / Richemont / Cartier
Fusions, Acquisitions
LVMH / Tiffany / Richemont / Cartier
Et si LVMH rachetait Tiffany ?
C’est l’agence Bloomberg qui a vendu la mèche. Dès samedi elle annonçait que LVMH avait proposé d'acheter le joaillier Tiffany & Co. pour environ 14,5 milliards de dollars dans le cadre d'un accord qui lui permettrait d'élargir son accès aux consommateurs de luxe américains. La rumeur dont faisait part Bloomberg, et qui émanait manifestement de sources bancaires précisait que l'offre d'achat en question, réalisée en cash évaluerait le bijoutier à environ 120 dollars l'action, soit environ 22 % de plus que le cours de clôture du 25 octobre.
Du côté de chez LVMH, tant samedi soir, que dimanche soir à l’approche de la réouverture des marchés on se refusait à commenter, de quelque manière que ce soit, ces rumeurs. Il a fallu attendre ce matin pour que le groupe confirme l'existence de discussions préliminaires. Du côté de chez Tiffany, on laissait dire que le prix envisagé était sous-évalué Ce qui n’empêche pas les analystes d’estimer qu’un tel rapprochement aurait du sens pour LVMH. D’abord parce qu’en matière de joaillerie, LVMH ne possède qu’une marque mondiale, Bulgari, et l'achat de Tiffany pourrait aider le groupe de Bernard Arnault à concurrencer des sociétés telles que Richemont, propriétaire de Cartier et Van Cleef & Arpels.
Ensuite parce que Tiffany est incontestablement une marque iconique américaine qui permettrait à LVMH de renforcer sa présence aux États-Unis. Or, LVMH souhaite se focaliser davantage sur les États-Unis, deuxième région du Groupe par son chiffre d'affaires derrière l'Asie En outre le positionnement stratégique de Tiffany en matière de cadeaux et l'ADN de la marque sont des qualités de premier plan.
Enfin parce que même sur la base d’une valorisation de 14,5 milliards de dollars, l’opération serait créatrice de valeur pour LVMH. D’autant qu’elle serait financée en dollars à des taux d’intérêt inférieurs à 2 %.
Manifestement, pour que la fuite d’un tel rapprochement soit récurrente, c’est que plusieurs banquiers d’affaires ont intérêt à ce que l’opération ait lieu. Et ce n’est pas par hasard s’ils choisissent de pousser la main de Bernard Arnault par le biais de dépêches d’agences. Pour l’heure l’homme le plus riche d’Europe reste de marbre, se contentant de voir l’action LVMH progresser ce matin à l’ouverture. Ce qui est un signe positif supplémentaire pour valider l’acquisition de Tiffany. Mais il faudra sans doute patienter encore un peu avant que le deal se fasse.
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