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Politique européenne / Angela Merkel / Bavière

Politique européenne
Angela Merkel / Bavière

coronavirus Malgré la crise, l'après Merkel se prépare

CORONAVIRUS. La coalition au pouvoir a pour l'instant très bien su gérer la crise sanitaire, et est sensiblement remontée dans les sondages. Deux nouveaux candidats issus de la CDU et la CSU se démarquent pour succéder à Merkel. 
Angela Merkel
Angela Merkel

Si l'Allemagne est l'un des pays d'Europe où le nombre de cas de Covid-19 est le plus important, il est aussi l'un des États où la crise sanitaire a été le mieux gérée jusqu'à présent. À ce jour, le pays compte 127.584 cas pour 3.254 décès, soit à peu près le même nombre de cas qu'en France, qui recense, elle, plus de 17.000 morts. Et si le pays a décidé de maintenir le confinement jusqu'au 3 mai, la politique de tests massifs, de distribution de masques et de traçage des malades a plutôt bien fonctionné. L'Allemagne a également bénéficié d'un dispositif de soins intensif mieux pourvu qu'ailleurs, qui lui a permis d'éviter une saturation de ses hôpitaux.

Certes, le pays n'échappera pas au marasme économique, et le ministère des Finances a d'ailleurs annoncé cette semaine que l'Allemagne était entrée en récession au mois de mars et devrait y rester jusqu'au milieu de l'année. Le FMI lui, prévoit un recul du PIB outre-Rhin de 7% pour cette année, malgré les mesures de soutien de plus de 750 milliards d'euros mises en place par l'État fédéral. Mais sa gestion de la crise sanitaire ainsi que celle de sortie de confinement et de l'après Covid-19 pourrait lui permettre de se démarquer du reste de l'Europe.

Tout ceci explique la très forte remontée dans les sondages des deux partis de la coalition : selon un sondage réalisé jeudi dernier, la CDU/CSU a obtenu 38% d'opinion favorables. Un niveau qui n'avait pas été atteint depuis trois ans, et qui redonne confiance au parti de la chancelière, après de cuisants échecs électoraux dans les Länder depuis un an. Selon le même sondage, le parti des Verts obtient 19% d'opinions positives (passant sous le seuil des 20% pour la première fois depuis un an), tandis que le parti SPD est soutenu à 17%. L'AfD atteint 9%, en baisse d'un point.

Pour l'instant, la formation d'Angela Merkel n'a pas encore trouvé son nouveau leader, depuis que le poulain de la chancelière Annegret Kramp-Karrenbauer, alias AKK, a annoncé en février qu'elle renonçait à lui succéder et souhaitait quitter la présidence de la CDU. Les élections pour lui trouver un remplaçant, initialement prévues en avril, ont été reportées en raison de l'épidémie. Elles pourraient avoir finalement lieu en décembre prochain. Or, la crise du Covid-19 a mis en avant deux personnalités conservatrices, qui ont désormais devancé les deux "anciens" candidats à la chancellerie Norbert Röttgen et Friedrich Merz.

Le premier, Markus Söder, âgé de 53 ans, est à la tête de la Bavière, l'un des länder les plus touchés par le coronavirus. Défenseur d'une ligne très stricte dès le début de l'épidémie, il a été l'un des premiers à imposer la fermeture des écoles. Sa politique de confinement rigoureuse lui a permis de limiter des dégâts de l'épidémie. Ce qui lui a valu un très fort soutien des Bavarois puisqu'il jouit désormais de 94% d'opinion favorables dans son État. À la tête de la CSU, il pourrait donc continuer de gagner en popularité une fois la crise sanitaire terminée, le plaçant en bonne position pour prendre la suite d'Angela Merkel à la fin de son mandat, en octobre 2021.

Armin Laschet, préside quant à lui la Rhénanie du Nord Westphalie (second État le plus touché derrière la Bavière), qui recense à ce jour 25.000 cas pour 500 décès. Ce journaliste de formation, issu de la droite modérée et âgé de 59 ans, a adopté une politique assez différente du chef de la Bavière, prônant un déconfinement plus rapide et un maintien des activités économiques les plus importantes. Tout en déployant en parallèle une politique de pistage et de protection sanitaire des citoyens efficace. Une stratégie également soutenue par les membres de son État, même s'il est plus bas dans les sondages que Markus Söder. Allié du ministre de la santé actuel Jens Spahn, il serait cependant le candidat idéal pour poursuivre la politique menée par la chancelière. Il a déjà annoncé qu'il serait candidat à la présidence de la CDU.

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