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Atos / Publication des résultats
Le bon timing d’Atos
Sans surprise, Atos n’a pas, comme ses pairs cotés en Bourse, échappé au coup d’arrêt du Covid-19, même si les effets sont encore limités dans les résultats du premier trimestre. Ce matin, le groupe a annoncé une baisse de 0,8% de son chiffre d’affaires en organique (contre +1,2 % l’an passé et +2,2 % au dernier trimestre), à 2,83 milliards d’euros. Le groupe fait valoir "la résilience de son profil d’activité axé principalement sur des contrats pluriannuels combiné à une solide activité en Big Data & Cybersecurity (BDS)". Son activité commerciale est d’ailleurs restée prolifique en contrats en ce début d’année, avec 2,9 milliards d’euros de prises de commandes, soit un ratio de 103% de son chiffre d’affaires, plutôt rassurant sur sa résilience.
Mais à l’heure où même les plus grandes entreprises sabrent dans leurs coûts et projets pour optimiser leur rentabilité, Atos ne va pas échapper à la crise en 2020. Le groupe dirigé par Elie Girard, un ancien lieutenant de Thierry Breton, a dû revoir ses prévisions 2020. Mais contrairement à ceux dont l’incertitude est trop grande et qui ont tout bonnement et simplement suspendu leurs objectifs, il s’est livré à des projections révisées : une baisse de 2 à 4% du chiffre d’affaires (contre une hausse de 2% lors de ses résultats annuels le 19 février dernier), une marge opérationnelle de 9% à 9,5% (alors qu’il anticipait une hausse de 20 à 40 points de base par rapport au taux de 10,3% de 2019) et un flux de trésorerie disponible de 500 à 600 millions d’euros, contre 700 millions auparavant.
Un véritable baptême du feu pour Elie Girard, qui a succédé à son patron, devenu Commissaire européen au Marché Intérieur, au pied levé en novembre dernier. Mais celui qui est surnommé le "travaillomane" pour son dévouement à la tâche dispose d’un timing parfait pour affronter une crise sans précédent. D’une part, Atos a soldé son aventure dans le paiement avec Worldline, qui va devenir un géant du paiement électronique en intégrant Ingenico : son ancienne maison-mère a vendu tous ses titres en l’espace de six mois, ce qui lui a rapporté la coquette somme de 2,8 milliards d’euros. Ce qui lui a permis de dégager une trésorerie disponible de 1,7 milliard d’euros à fin décembre 2019, qui va être encore améliorée cette année avec le solde Worldline et le cash généré par son activité, certes un peu moins important.
D’autre part, Elie Girard a eu tout juste le temps d’annoncer un nouveau plan stratégique début février, avant le grand chaos. Celui-ci repose sur une approche sectorielle plutôt que par métiers, une orientation qui, par la force des choses avec cette crise sanitaire, a aujourd’hui beaucoup de sens. Le groupe va pouvoir proposer son expertise sectorielle à des acteurs touchés de diverses façons par le Covid-19, même si la reprise prendra un peu de temps. Enfin, la direction avait annoncé vouloir poursuivre le développement de la cybersécurité, un segment devenu crucial pour des populations mondiales confinées.
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