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Amundi / DG / Yves Perrier

Amundi brave la crise

Le géant de la gestion d’actifs a vu ses encours baisser de 120 milliards d’euros au premier trimestre en raison de la contraction des marchés, mais est parvenu à limiter grandement la décollecte. Il poursuit sa montée en puissance en Asie.
Yves Perrier - Amundi
Yves Perrier - Amundi

En pleine tempête du Covid-19, Amundi plie mais ne rompt pas. Et pour résumer les résultats du leader européen de la gestion d’actifs au cours d’un premier trimestre exceptionnel à de nombreux points de vue, le directeur général Yves Perrier a utilisé un mot : robustesse. "Robustesse de notre plateforme opérationnelle, du business model diversifié, des performances et de la structure financière". Comme ses pairs, le groupe détenu à 70% par le Crédit Agricole a dû adapter sa politique d’investissement à la déroute des marchés, et gérer les besoins de liquidité de ses clients.

Dans ce contexte très difficile, les encours sous gestion ont certes baissé de 7,6% (soit 126 milliards d’euros) à 1.527 milliards d’euros fin mars, mais la chute est bien moins marquée que celle du CAC 40, qui a perdu 27% sur le trimestre. C’est surtout sur le plan de la collecte que la résilience du gérant d’actifs est remarquable. Amundi a levé pas moins de 12,1 milliards d’euros auprès de la clientèle retail, et a profité de l’appétit des particuliers, qui ont été 150.000 à se lancer sur les marchés entre fin février et début avril, comme l’a montré une étude de l’AMF. Ces flux entrants ont quasiment éclipsé les sorties des institutionnels et corporates, où la décollecte a atteint 15,4 milliards d’euros au premier trimestre. Les entreprises sont sans surprise sorties de leurs produits de trésorerie afin de sécuriser un maximum de cash dans cette période de paralysie d’une grande partie de l’économie, et ont "dérisqué" leur portefeuille.

Cette très faible décollecte s’explique par la performance des fonds d’Amundi, dont 70% sont classés dans le premier et deuxième quartile selon le classement Morningstar, a rappelé Yves Perrier. Mais aussi les pleines synergies issues de l’acquisition de Pioneer, qui a été finalisée mi-2019. Le résultat brut d’exploitation est ainsi en hausse de 12,2% grâce à un effet ciseau positif, de hausse des revenus de gestion et de baisse des coûts. Le résultat net ajusté est impacté par la contribution négative du résultat financier, à - 61 millions d’euros, en raison de la valorisation mark-to-market de son portefeuille : il chute de 16% à 203 millions d’euros.

Au plan stratégique, Amundi poursuit sa montée en puissance en Asie, région qui représente désormais près de 20% de ses encours totaux. Le groupe a d’ailleurs réalisé une performance avec une collecte nette positive en Chine au premier trimestre, alors que le pays était violemment touché par un virus dont il est à l’origine. Fin 2019, Amundi a aussi annoncé une joint-venture avec Bank of China Wealth Management, qui doit être finalisée au deuxième trimestre 2020. Même chose pour le partenariat avec l’espagnol Banco Sabadell pour la distribution de produits Amundi, qui sera signé au printemps pour un lancement au troisième trimestre. La consolidation du secteur, un sujet majeur à moyen terme, n’est en revanche et logiquement pas une priorité à l’heure actuelle.

Si Amundi a dû suspendre ses objectifs 2020 en raison d’un environnement de marché totalement nouveau et plus dégradé, les investisseurs ont accueilli ces résultats avec magnanimité ce matin, le titre étant stable dans un marché en légère hausse.

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