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Entreprises / Actions / Société Générale / Frédéric Oudéa / Publication des résultats / BFI

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Société Générale / Frédéric Oudéa / Publication des résultats / BFI

Le chemin de croix de Société Générale

Le titre de la banque de La Défense a perdu plus de 4 % ce mardi. Après des résultats trimestriels impactés par ses produits structurés, la banque rouge et noire continue de souffrir d’un business model trop exposé aux aléas des marchés.
Frédéric Oudéa
Frédéric Oudéa

"Nous abordons 2020 avec la confiance des succès de 2019". Qu’elle paraît loin cette phrase de Frédéric Oudéa prononcée début février dernier, au moment de la publication de ses résultats annuels. Moins de trois mois plus tard, lors des résultats trimestriels de Société Générale, le PDG de la banque n’a pas été avare en superlatifs sombres, en parlant de "la plus grave crise à laquelle nous avons eu à faire face" ou encore de dislocations de marché "jamais vues de mémoire d’opérateur de marché". Car il faut dire que la banque de la Défense a été particulièrement atteinte par cette volatilité exacerbée des marchés sur sa division de produits structurés. La BFI de la banque a ainsi vu ses revenus chuter de 27 % et ses pertes se creuser à 537 millions d’euros au premier trimestre, en particulier en raison du coup d’arrêt porté à son activité de dérivés actions. Si bien qu’elle n’a pu qu’annoncer entre 3,5 et 5 milliards d’euros de provisions pour l’année, et un triplement de son coût du risque.

La raison tient à un positionnement historique assez agressif sur son activité de marchés en matière de produits structurés, ses anciens produits stars qui sont à la fois complexes et surtout sensibles à la valse des marchés, la volatilité et une suspension massive et inédite des dividendes. Étant donné qu’ils sont très coûteux à la banque en cas de revirement des marchés, la Société Générale avait déjà amorcé un virage stratégique, avec l’acquisition des activités actions et matières premières de Commerzbank, notamment des ETF moins risqués, il y a près de deux ans. Une transformation encore inachevée selon les investisseurs, qui ont été échaudés par les très mauvais résultats de Société Générale par rapport à ses pairs français mais aussi européens.

Si la banque a passé ses comptes à la paille de fer et annoncé entre 600 et 700 millions d’euros d’économies supplémentaires cette année pour contrer un environnement aussi difficile, cela n’a pas suffi. Le titre a perdu 50% de sa valeur depuis la mi-février et S&P a encore asséné un coup dur en révisant vendredi la perspective de la note de Société Générale, qui est "A", de stable à négative, jugeant que les résultats avaient confirmé les "défis" qu’affronte la banque, en particulier sur sa BFI. "La rentabilité de Société Générale est sous pression depuis un certain temps et les conditions économiques difficiles (…) et l'environnement turbulent des marchés financiers ont exacerbé les faiblesses existantes", a insisté l’agence de notation.

Si bien qu'après avoir gagné plus de 10 % lundi lors d'une séance de rallye, le titre a dégringolé de plus de 4 % ce mardi, dans un marché certes négatif. La capitalisation de la Société Générale a fondu de plus de 60 % en moins de trois mois, soit à peine 10 milliards d’euros alors que seuls ses fonds propres sont supérieurs à 50 milliards d’euros. Le "défi" sera donc de convaincre les investisseurs que la banque a les moyens de ses ambitions pour se transformer en profondeur et diversifier ses revenus de marché, dans un monde de lourdes contraintes réglementaires et de PGE de grande ampleur. En attendant, le plan stratégique annoncé – et l’objectif de rentabilité des capitaux propres de 9 à 10 %, contre 7,6 % en 2019 – est désormais caduc.

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