WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Publications, Résultats / BFI / Deutsche Bank / BCE

Publications, Résultats
BFI / Deutsche Bank / BCE

Deutsche Bank brille là où on ne l'attendait pas

En 2019, le premier prêteur germanique est en perte, et c'est encore pire que ce que les analystes, déjà peu optimistes, prévoyaient. Cependant, Deutsche Bank surprend sur les résultats de sa BFI, point majeur d'inquiétudes, et sur son ratio de fonds propres.
Deutsche Bank
Deutsche Bank

Le géant bancaire allemand Deutsche Bank a annoncé ce matin, pour la cinquième année de suite, une lourde perte nette de 5,72 milliards d'euros en 2019. C'est 400 millions d'euros de moins que ce sur quoi tablaient les analystes sondés par Factset. Pour autant, le bilan n'est pas entièrement sombre.

La banque d'investissement du prêteur germanique, que la réforme annoncée par Christian Sewing l'an dernier doit radicalement réorganiser, a fait mieux que prévu, puisque Deutsche Bank fait état d'une forte hausse des revenus provenant des obligations et des conseils sur la vente de la dette. Les résultats du quatrième trimestre ont montré que la division peut stabiliser les revenus et dans certains cas les faire croître, alors qu'elle était le point majeur d'inquiétudes. C'est ainsi qu'en 2019, peu avant l'été, le PDG se décidait ainsi à entrer en action, après avoir subi des mois durant la pression de certains investisseurs, las de voir l'avenir de la partie investissement et financement s'assombrir gravement sous leurs yeux. Deutsche Bank décidait alors de former une bad bank, du nom de ces entités juridiques spécifiquement créées pour permettre aux institutions financières de leur transférer leurs actifs toxiques.

La cession des actifs pourris par cette structure de défaisance porte aussi ses fruits du côté du ratio des fonds propres, un indicateur clé de la solidité du bilan. En 2019, Deutsche Bank affiche un ratio de 13,6%, bien au-delà de ce que la réglementation exige - la BCE a abaissé ses exigences réglementaires vis-à-vis de l'établissement au Nouvel an, à 11,59% contre 11,84% auparavant -, et surtout, c'est 0,4 point de pourcentage de plus que la prévision du consensus. Ces résultats rassurants font écho aux propos tenus par Christian Sewing au début du mois de décembre, lors d'une journée dédiée aux marchés financiers. Le prêteur relevait en effet l'objectif de revenus à moyen terme de sa BFI et visait désormais une croissance annuelle moyenne de 2% au cours des trois prochaines années.

Enfin, dans le détail, la perte totale du groupe inclut 3 milliards d'euros de coûts de restructuration, dépréciations d'actifs et indemnités de départs et 2,8 milliards de réévaluations de recouvrement de créances fiscales. La Deutsche Bank est en train de subir la restructuration la plus radicale de ses 150 ans d'histoire, car elle cherche à se recentrer sur des activités plus stables dans les domaines de la banque d'entreprise, de la gestion d'actifs et de patrimoine, et de la banque de détail, et cela a un prix. Il convient cependant de noter que les défis sur sa banque d'affaires et sa banque privée sont loin d'être relevés, dans un environnement de taux bas très contraignant pour le secteur bancaire. Alors que les objectifs de croissance des revenus de sa banque d'affaires de 3% ont été maintenus, Deutsche Bank a ramené à la fin de l'année dernière les perspectives correspondantes pour sa banque privée de 2% à 0%. 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article