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Le prix payé dans les fusions et acquisitions tombe au niveau de 2012

Fusions, Acquisitions / Fusions & Acquisitions

Fusions, Acquisitions
Fusions & Acquisitions

exclusif Le prix payé dans les fusions et acquisitions tombe au niveau de 2012

EXCLUSIF. Le marché des fusions et acquisitions a très fortement ralenti. Beaucoup de deals en préparation sont rompus. Et les rares opérations qui aboutissent se déroulent ont lieu sur la base d’un multiple d’Ebitda de 8,5 comme il y a huit ans…
Poignée de mains 2
Poignée de mains 2

Comme on pouvait s’y attendre le groupe américain Xerox qui devait racheter l’informaticien HP pour 35 milliards de dollars vient de retirer son offre. Comme le français Covea l’a fait avec le réassureur Partner Re qu’il s’était engagé à payer 9 milliards d’euros. Et même si dans le domaine du private-equity, les transactions sont plus solides elles se font bien plus rares. La tempête du coronavirus a balayé l'ère de l'ébullition des fusions et acquisitions, et amené les acheteurs potentiels à être plus raisonnables dans leurs prix d’achat et les vendeurs à être moins avides.

Sauf par nécessité, les vendeurs ne sont pas prêts à revoir leurs aspirations à la baisse s'ils pensent pouvoir traverser la crise du Covid-19 avec succès. En retour, ceux qui voient leur avenir comme plus sombre acceptent un prix beaucoup moins élevé de manière à obtenir un accord aussi vite que possible.

La combinaison de ces deux facteurs a entraîné une chute spectaculaire du volume des fusions et acquisitions sur le vieux continent. L'Association pour les marchés financiers en Europe a mesuré les données semaine par semaine et sa conclusion est que le volume des transactions est tombé en dessous de 2 milliards d'euros à la fin du mois de mars et au début du mois d'avril par rapport à la moyenne hebdomadaire de 15-20 milliards dans les premiers mois de cette année.

Dans le même temps, les prix sur la base desquels ont été conclus ces accords se sont effondrés. Au premier trimestre, le multiple comparant le montant des transactions à l'Ebitda (c’est-à-dire le résultat opérationnel) est tombé à 8,8 fois. Il s’agit là du ratio le plus bas observé en Europe depuis 2012, et donc l’après grande crise financière.

Les investisseurs industriels ont donné le ton de cette baisse stupéfiante des valorisations. Ces acheteurs avaient déjà commencé à faire preuve de prudence l'année dernière et avec la crise du coronavirus, les rares acheteurs ont obtenu des prix d’acquisition encore plus bas. Face aux problèmes de liquidités que certaines entreprises ont très vite dû affronter et aux dommages qu'elles ont subis, leurs actionnaires ont préféré signer une cession avec une forte décote, plutôt que de gérer les effets de la récession.

L'autre grand groupe d'acheteurs d'entreprises est constitué par les fonds de capital-investissement, et dans leur cas, la prudence a été moins prononcée. Les gestionnaires ont – pour la plupart – les coffres pleins de ressources nouvellement levées – ce qu’on appelle la poudre sèche – et ils doivent faire des acquisitions compte tenu des engagements qu’ils ont pris auprès de leurs partenaires financiers. Malgré cela, ils ajustent également les prix. Selon un rapport conjoint de Mergermarket et Debtwire, les évaluations payées sur les opérations de capital-risque en Europe sont tombées à 10,7 fois l'Ebitda ces dernières semaines, contre 12 fois en 2019. La baisse est de 11 % et laisse le multiple au niveau de 2014.

Une partie du sujet est liée naturellement aux conditions de financement des opérations. Après un bon début d'année sur le marché des prêts à effet de levier, la gravité de la crise du coronavirus a rapidement entraîné un quasi-arrêt des opérations pendant la majeure partie du mois de mars, au point que le financement des achats de capital-risque a chuté à 2,6 milliards d'euros ce mois-là, contre 6,3 milliards en février, selon les données obtenues auprès de Mergermarket et DebtWire

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