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La qualité de crédit des entreprises continue de se dégrader

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La qualité de crédit des entreprises continue de se dégrader

Selon l'agence de notation S & P, le nombre de sociétés sous la menace d'une dégradation de leurs notes de crédit a atteint un niveau jamais vu.
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C'est la conséquence inévitable : après avoir levé des fonds comme jamais sur le marché de la dette et sollicité auprès de leurs banques des prêts de trésorerie, souvent avec la bénédiction des pouvoirs publics, les entreprises ont renforcé leur liquidité face à la crise sanitaire… mais considérablement fragilisé leur solvabilité, d'autant plus que le redressement de l'activité économique sera vraisemblablement très lent.

En témoigne la quantité de sociétés émettrices sur les marchés financiers risquant de voir leurs notes de crédit être dégradées par les agences de notation, qui augmente de mois en mois. Selon S & P, leur nombre a atteint un nouveau sommet en date du 28 avril, dépassant même largement celui qui a été observé pendant la crise financière : il s'élève à 1 287, soit 200 de plus qu'en avril 2009, le précédent record. Les "dégradations potentielles" représentent les émetteurs notés entre AAA et B- "avec perspective négative" (le risque de voir la note baisser est encore limité) ou "sous surveillance négative" (risque plus élevé).

Cette situation est indéniablement liée à la pandémie de coronavirus : en février (alors que les mesures de confinement ne se sont généralisées qu'à partir de la mi-mars à travers le monde), elles n'étaient que 649, soit deux fois moins, et 860 en mars. Sur les seuls 550 nouveaux cas enregistrés en avril, "90 % des notations ont été affectées par les conséquences économiques et financières de la pandémie de Covid-19". Au total, 64 % des 1 287 émetteurs sous la menace d'une dégradation sont directement exposés à des risques liés aux mesures de confinement.

Autre signe de l'aggravation de la santé des entreprises en général, l'écart entre celles qui sont sous la menace d'une dégradation et celles qui pourraient voir leurs notes de crédit revues en hausse s'est accru : le nombre de surclassements potentiels est tombé en avril à un plus faible niveau jamais atteint de 124.

En termes de secteurs d'activité, S & P remarque que les placements sous perspective ou surveillance négatives en avril ont principalement concerné les institutions financières (avec 78 placements, dont 22 aux États-Unis, 8 au Royaume-Uni et 7 en France). "En dépit de bilans renforcés [en particulier par rapport à la crise financière] et du soutien sans précédent des Banques centrales et des gouvernements, les perspectives de note de crédit des institutions financières s'affadit quelque peu. C'est particulièrement le cas pour celles qui sont fortement exposées aux secteurs dont l'activité est très affectée par propagation du Covid-19. Un ralentissement économique prolongé et la faible rentabilité des banques représentent des risques supplémentaires", explique l'agence, qui souligne toutefois la résilience des banques (elles ne représentent que 9 des 139 émetteurs placés sous surveillance négative stricto sensu.)

Les autres secteurs notablement visés sont les biens de consommation et les services aux collectivités. Ces secteurs rejoignent ceux de l'automobile, des transports, des médias, des loisirs et de l'hébergement, qui comptabilisent en valeur absolue le plus grand nombre de sociétés frisant une dégradation à l'heure actuelle.

Figurer parmi les "dégradés potentiels" d'une agence de notation n'est pas une bonne nouvelle pour un émetteur en temps de crise, car la menace de dégradation est réelle : sur les 123 sociétés retirées de la liste par S & P au mois d'avril, 110 ont effectivement vu leur note de crédit être dégradée. Une telle perspective peut se révéler très handicapante pour une entreprise qui voudrait lever de la dette, en particulier sur les marchés. Les conditions de crédit se renchériraient et, pour les sociétés qui changeraient de catégorie suite à une dégradation ("d’investissement" à "spéculative"), elles se fermeraient automatiquement l'accès à toute une frange d'investisseurs institutionnels.

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