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Wendel prend la mesure de la crise
Lors de la publication de ses résultats au premier trimestre, Wendel avait déjà anticipé sur le maintien de son dividende, et indiqué vouloir attendre "d’avoir une meilleure appréciation de l’environnement économique et sanitaire" pour le confirmer. Finalement, le groupe a annoncé vendredi que le dividende 2019 ne sera pas augmenté à 2,90 euros par action comme annoncé au départ, mais restera stable à 2,80 euros par action. Mais la firme dirigée par André François-Poncet n’a pas uniquement demandé des efforts à ses actionnaires : le directoire a accepté une baisse de 25 % de sa rémunération fixe sur trois mois et le conseil de surveillance de sa rémunération totale sur trois mois en 2020. Des montants qui seront reversés à des associations caritatives comme les Restos du Cœur, ou The Bowery Mission aux Etats-Unis.
Pour rappel, Wendel avait publié un chiffre d’affaires en repli organique de 2,9 % à 1,87 milliard d’euros, et surtout une baisse de son ANR de 28,9 % par rapport à fin décembre, essentiellement en raison de la baisse des marchés sur les valorisations de ses actifs cotés (Bureau Veritas, -22,4 %) et non cotés. Deux de ses huit participations se sont montrées résilientes face à la crise (IHS Towers, des tours télécoms en Afrique, et Constantia Flexibles dans l’emballage flexible), tandis que les autres étaient déjà impactées par la pandémie. A l’occasion de ces résultats dévoilés fin avril, le groupe avait annoncé la vente du solde de sa participation dans Allied Universal, groupe américain de sécurité, pour 196 millions de dollars. Une très belle sortie puisqu’il affiche un produit net de cession de 2,5 fois sa mise, soit un TRI annualisé d’environ 30 % particulièrement élevé.
Reste que la crise du coronavirus a poussé tous les acteurs de l’investissement, y compris les mieux installées comme Wendel, à réévaluer leur présence géographique. A la recherche de "marchés en croissance soutenue", le dirigeant André François-Poncet a ainsi annoncé que le groupe allait "concentrer nos équipes sur nos trois principales implantations, Paris, Luxembourg et New York, et, comme exprimé précédemment, à focaliser les recherches de nouvelles opportunités sur l’Europe et l’Amérique du Nord". Ce qui signifie qu’il va fermer ses bureaux actuels au Royaume-Uni, à Singapour et au Maroc.
Une telle décision n’est pas anodine et rappelle l’épisode de la dernière crise financière, où de nombreux fonds ont remis à plus tard leur expansion géographique pour se concentrer sur leurs marchés domestiques, plus faciles à appréhender, et le soutien aux participations. Dans un contexte où nul ne peut prédire la courbe de la reprise économique, Wendel a choisi un repli de voilure sage, d’autant que les opportunités post-crise sont toujours les meilleures points d’entrée pour les fonds d’investissement.
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