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Crise au sommet de Solocal

Dirigeants, gouvernance / Solocal / Rothschild & Cie

Dirigeants, gouvernance
Solocal / Rothschild & Cie

exclusif Crise au sommet de Solocal

EXCLUSIF. Le président non exécutif et le directeur général des anciennes Pages Jaunes s’opposent sur l’avenir du groupe. Le premier déroule le tapis rouge pour les créanciers à un prix soldé. Le second défend l’intérêt des actionnaires, de la société et de tout le travail de restructuration mené depuis trois ans.
Eric Boustouller - Solocal
Eric Boustouller - Solocal

Solocal n’avait pas besoin de cela. En l’espace de quinze ans, ce fleuron de l’ex-France Telecom a vu sa valeur divisée par 350. Elle a dû mettre en place un plan de départs massif nécessaire à son passage dans le tout numérique. Et désormais à court de trésorerie, elle se voit refuser un Prêt Garanti par l’État. Son état est tel que le dossier est maintenant dans les mains du CIRI, un service du Trésor considéré comme la clinique des entreprises en grandes difficultés, de la mandataire de justice Hélène Bourbouloux (et de ses honoraires en or massif) et de la Banque Rothschild.

Mais ce n’est pas tout. Alors que trois fonds semblaient intéressés pour apporter la "new money" dont Solocal a besoin pour boucler cette année avant de renouer avec un résultat opérationnel de 130 millions d’euros par an (excusez du peu !), ils semblent avoir tous jeté l’éponge. Même si le fonds Montefiore, proche de Pierre Danon, le Président non exécutif de Solocal, (qui discute avec lui depuis six mois) maintient le suspense.

Au Trésor on ne se fait plus d’illusion. L’avenir de Solocal consiste à passer sous contrôle de ses créanciers qui détiennent une dette obligataire de plus de 480 millions d’euros leur rapportant 10 % par an. Une assemblée des porteurs de titres va être convoquée le 24 juillet au cours de laquelle il sera demandé aux actionnaires, dont la société Nobel de Serge Weinberg, et la riche famille Amar, de se faire hara-kiri et de laisser le contrôle de la société aux créanciers sur la base d’une valorisation qui serait comprise entre 3 et 5 centimes… alors que l’action valait un euro il y a un an !

Ce schéma, Pierre Danon, le regarderait avec une satisfaction à peine dissimulée. D’autant qu’il aurait la possibilité d’investir dans cette entreprise au plus bas au moment où elle sera en grande partie désendettée. Surtout il se débarrassera ainsi d’Éric Boustouller, le Directeur Général qui concentre tous les pouvoirs et qui a profondément transformé la société afin d’en faire un des rares champions français du numérique. Car les créanciers auraient posé comme condition à leur arrivée au capital le départ ce cet ancien patron de Microsoft Europe qui a remis Solocal sur les rails de la rentabilité, du numérique et même de l’intelligence artificielle.

Non seulement Solocal va rester comme un exemple de hold-up organisé au profit de créanciers et de fonds vautours étrangers, avec la complicité étrange de l’État – alors que cette société n’a jamais perdu d’argent (sauf l’année d’un plan social) - mais en plus de mauvaise gouvernance où un président non exécutif, et donc sans pouvoir, cherche à se débarrasser de celui qui lui fait de l’ombre depuis quatre ans. Et tout cela sans qu’aucune autorité légitime ne s’en émeuve. Bienvenue dans la jungle de la Bourse parisienne !

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