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R&D, recherche et développement, filière automobile

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L'automobile structure enfin sa R&D

Dans le cadre du plan de soutien au secteur, la filière a créé son comité d'orientation pour la recherche, à l'image de l'aéronautique il y a 12 ans. La difficulté sera d'articuler innovation et relocalisations.
open innovation
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L'aéronautique a son Corac depuis 2008 ; désormais l'automobile peut s'enorgueillir d'un dispositif similaire de soutien à la R&D. La filière française a vécu hier la première réunion du Coram, son Comité d'orientation pour la recherche automobile, dont la création a été prévue dans le plan de soutien à l'automobile dévoilé en mai dernier. Et en présence du ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire, de la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne et du président de la Plateforme automobile (PFA), le Coram a pris ses premières décisions : définir dans une "feuille de route" ses priorités et allouer l'enveloppe de 150 millions d'euros qui lui a été attribuée à 27 projets de recherche.

La feuille de route définit huit domaines, classés dans 5 axes technologiques : le véhicule électrique (moteurs électriques, électronique de puissance et cellules et pack de batteries), l'hydrogène ("qui occupera une place très importante dans le plan de relance de l'économie prévu à la rentrée", explique le Premier ministre), les matériaux innovants, les véhicules à basse consommation non totalement électriques et, enfin, le véhicule autonome connecté (véhicules automatisés et autonomes, véhicules connectés et services associés). Malgré ces grandes lignes, le gouvernement ne prétend pas à l'exhaustivité. Il s'agit de "créer de nouvelles chaînes de valeur autour de compétences et de technologies que la France maîtrise", a rappelé Bruno Le Maire. Qui, par la même occasion, s'est félicité du succès de la prime à la conversion accordée dans le plan de soutien : la moitié des 200.000 primes a déjà été tirée et la totalité devrait l'être à la fin de l'été. Les immatriculations de voitures électriques ont été multipliées par trois en juin sur un an, pour atteindre les 45.000 au premier semestre : le gouvernement espère donc à nouveau pouvoir atteindre le cap des 100.000 à la fin de l'année, objectif jugé inatteignable au plus fort de la crise sanitaire.

Parrainer l'initiative du Coram a été l'occasion pour le Premier ministre d'adresser un tacle aux grands donneurs d'ordres : "la filière comporte de nombreux sous-traitants en France : il faut construire une solidarité de filière, qui n'a jamais existé". C'est le grand travers du capitalisme français, dans lequel les grandes entreprises (mais aussi la puissance publique…) profitent de leur position de force, plutôt que d'aider le tissu de sous-traitants. L'inverse de ce que l'on observe en Allemagne - où les groupes alimentent le fameux Mittelstand et où la responsabilité à l'égard du territoire local est importante - et en Asie (Japon et Corée du Sud).

L'enveloppe des 150 millions d'euros a déjà été répartie et elle est censée favoriser la cohésion au sein du secteur en France. Il s'agit de subventions d'Etat qui irrigueront 27 projets fonctionnant en consortium, impliquant grands industriels et sous-traitants. Parmi les chefs de file de ces projets, on compte bien sûr PSA (chaîne de traction électrique, nouveaux procédés de fonderie), Renault (électronique de puissance et moteurs électriques), Valeo (traction électrique 48V, sécurité active pour véhicules autonomes…), Plastic Omnium (chimie de batterie pour limiter l'utilisation de terres rares), Faurecia (réservoirs à hydrogène), Michelin (pneumatique à faible emprunte environnementale), ou encore Bosch (pile à combustible). Mais "le Coram irrigue aussi les entreprises connexes à la filière automobile pour certaines briques de technologies", précise le gouvernement, comme les fabricants de semi-conducteurs STMicroeletronics et Soitec (dans l'électronique de puissance), le chimiste Arkema (dans la batterie), ou Carbone Savoie dans le graphite pour batteries Li-Ion. Certains projets mobilisent des territoires, comme celui mené par Pracartis, autour de la filière hydrogène de la vallée de l'Arve. Au total, les 27 projets devraient mobiliser un peu plus d'un milliard d'euros d'investissements en R&D.

Mais qu'en sera-t-il des relocalisations dans l'Hexagone lorsque viendra la phase de l'industrialisation ? Toutes les briques ne sont pas évidemment pas concernés au même degré par la relocalisation. "Les projets utilisant des technologies assez mûres, comme la chaîne de traction 48V de Valeo, devraient permettre une industrialisation sur les sites français d'ici un ou deux ans. Pour les projets plus en amont, la temporalité est plus difficile à apprécier", reconnaît le gouvernement.

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