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Private equity : un rebond en trompe-l’œil ?
Si la crise du coronavirus n’avait pas encore pesé sur le marché du private equity au premier trimestre, les données sont nettement plus dégradées pour le deuxième trimestre. Selon les données de Preqin, seules 888 opérations LBO ont été signées entre mars et juin pour un montant total de 61 milliards de dollars, soit une contraction de près de moitié par rapport aux 1 567 deals pour 115 milliards de dollars à la même période l’an passé. Conséquence logique, la poudre sèche de l’argent levé par les fonds mais pas encore investi a encore gonflé, soit un trésor de guerre de 1 480 milliards de dollars à fin juin selon Preqin.
Pourtant, les affaires ont bel et bien repris en France, selon les différents conseils interrogés par WanSquare. "Depuis deux mois, le rebond d’activité a été assez significatif, porté par des secteurs résilients, et les investisseurs veulent finaliser leurs opérations avant l’été", rapporte Grégoire Andrieux, managing director du cabinet McDermott Will & Emery. Hormis quelques opérations abandonnées dans des secteurs très sinistrés comme le tourisme, les acteurs s’agitent pour faire avancer les dossiers, en particulier dans les industries qui ont profité de cette crise, comme les logiciels, la santé, l’éducation et même l’agroalimentaire. Après deux mois de paralysie totale, les investisseurs, globalement plutôt optimistes, ont pour objectif de mettre leur argent au travail, après avoir bouclé des levées de fonds record.
Conséquence de cette crise, les actifs à vendre sont plus rares et de bonne qualité, si bien que les prix n’ont pas baissé, loin s’en faut. Les valorisations ont même progressé depuis le début d’année et certains actifs – Vitalliance dans l’aide à la personne - se sont vendus à des multiples stratosphériques. Mais les enchères donnent lieu à des fourchettes importantes. "Il existe des différences significatives de prix dans les offres, parfois de 20 à 30 %, ce qui est atypique. Les fonds proposent des mécanismes d’earn-out, ou même d’ajustement à la sortie, afin de prendre en compte l’effet Covid", indique Grégoire Andrieux. Pour se prémunir du risque, certains deals incluent ainsi une hausse de la valorisation si le fonds parvient à vendre au-dessus d’un certain seuil.
Si certains fonds ont à cœur de boucler des transactions avant la trêve estivale, d’autres sont plus attentistes, notamment en raison des niveaux boursiers très élevés. "Les fonds sont fébriles à l’approche de l’été. Si les marchés ont bénéficié des perfusions d’argent public, une correction des valorisations en août n’est pas à exclure", fait remarquer Grégoire Andrieux. Les résultats semestriels pourraient être la douche d’eau froide pour des investisseurs abreuvés des liquidités des banques centrales, et qui ont misé sur une reprise rapide et forte, à l’encontre des conclusions des économistes. Une correction boursière, qui pourrait s’accompagner d’une deuxième vague, serait dévastatrice pour un segment certes non coté, mais dont les valorisations ne sont pas décorrélées des marchés.
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