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Morgan Stanley / bank of america / Publication des résultats / Banques / Etats-Unis
Les banques US n'ont pas encore été frappées par la crise
Si Goldman Sachs avait déjà surpris par la résistance de ses résultats dans le contexte inédit du Covid-19, Morgan Stanley a littéralement pulvérisé les attentes du consensus. La banque américaine a publié des revenus en hausse de 31% à 13,4 milliards de dollars, alors que les analystes tablaient sur seulement 10,3 milliards, et son profit net a bondi de 45% à 3,2 milliards de dollars, soit presque le double des projections. Si la pandémie a amené "toute sortes d’incertitudes massives", selon les mots du CEO de la banque, James Gorman, Morgan Stanley a réussi à les faire jouer en sa faveur, a-t-il expliqué.
Son activité phare de trading a su tirer profit d’une période de volatilité historique, soit une augmentation de 68% de ses revenus à 5,6 milliards de dollars, un record en dix ans. En parallèle, l’activité de gestion de fortune que la banque a largement développée ces dernières années, afin de bénéficier d’une source de revenus résistante, a elle aussi réalisé une très bonne performance avec 4,7 milliards de dollars de revenus. Enfin, Morgan Stanley a elle aussi été très active dans la banque d’investissement, à aider les entreprises à émettre des montants historiques d’actions ou de dette, afin de booster leur trésorerie. Cette division a grimpé de 65% en un an, à 1,6 milliard de dollars. Des performances irréprochables mais qui sont aussi liées à un contexte très particulier, et qui seront difficiles à répliquer. "Il sera clairement compliqué de dégager les mêmes résultats record dans la deuxième moitié de 2020", a reconnu James Gorman.
Le même jour, Bank of America a de son côté publié des résultats plus dégradés, en raison de l’enveloppe de provisions sur la banque retail et commerciale. Son profit net a ainsi chuté de 52% à 3,53 milliards de dollars car elle a dû mettre de côté 5,12 milliards de dollars pour des pertes en vue sur des crédits. Bank of America a accordé 1,8 million de délais sur des crédits à la consommation, principalement sur les cartes de crédit. Mais son patron, Brian Moynihan, s’est aussi montré bien plus optimiste que Jamie Dimon de JP Morgan. Il a ainsi relevé que la consommation était redevenue stable en juin et début juillet, grâce à la réouverture des Etats, et que les reports d’échéances devraient continuer à baisser. Une hypothèse qui ne serait pas vérifiée si les Etats en question doivent refermer leurs économies en cas de deuxième vague.
Au final, les six grandes banques américaines ont démontré, avec leurs résultats trimestriels, leur capacité à naviguer des marchés très volatils et à accompagner les émissions des corporates, notamment grâce à l’argent public. Et aussi (et surtout) à préserver leurs dividendes. Mais ces performances à court terme ne présagent rien de l’évolution de l’économie sur le reste de l’année, comme l’ont admis certaines. Aucune n’a été capable d’assurer une reprise économique vive et pérenne, comme les marchés l’anticipent depuis presque trois mois maintenant. Puisque les investisseurs semblent incapables de prévoir le reflux inévitable de liquidités et la vague historique de défauts qui vont l’accompagner, les marchés semblent eux aussi condamnés à une correction quand cela se matérialisera… dans quelques semaines tout au plus.
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