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Marine Charles portrait

Feuilleton de l'été / marine Charles / Lapeyre / Portrait

Feuilleton de l'été
marine Charles / Lapeyre / Portrait

Série d'été - Ils et elles vont construire le monde d'après - Marine Charles

International, autonomie, humain et opérationnel. Tel est le losange ayant pavé le chemin de cette littéraire, aujourd’hui directrice générale de Lapeyre.
Marine Charles - DR
Marine Charles - DR

Née à Paris au printemps 81, Marine Charles ne s’éternise pas dans la capitale et suit, à l’âge de cinq ans, ses parents au Cameroun, puis à Londres où elle passera son Baccalauréat. Il faudra attendre qu'elle ait 17 ans pour qu'elle fasse son retour dans l'Hexagone, afin d'intégrer Henri-IV dans le cadre d’une classe préparatoire littéraire. 

Elle n’y reste qu’un an et succombe aux sirènes de Sciences Po Paris. Au sein de cette institution, elle prend plaisir à suivre "des cours de très grande qualité", avance-t-elle, et apprécie l’ouverture de l'école sur l’international - elle reviendra y enseigner une dizaine d’années après. Durant sa deuxième année d'étude rue Saint-Guillaume, elle part en Irlande où elle renoue avec son premier amour qu’est la littérature et étudie également le journalisme. Diplômée de Sciences Po en 2003, cette mère de deux enfants, amatrice de Joyce Carol Oates et Alice Ferney, prend le parti de ne pas s’insérer immédiatement sur le marché du travail et réussit à intégrer le Master Entrepreneurs d’HEC. "Je pensais que cela pouvait m’apporter de faire une année complémentaire, plus ancrée dans la vie des entreprises". À HEC, les disciplines théoriques sont très vite mises en pratique grâce à des travaux de groupe et des études de cas concrètes. Au cours de l’année, elle fera un stage aux côtés de l’une des administratrices judiciaires les plus en vue, Hélène Bourbouloux.

Puis, vient enfin le moment de l’entrée sur le marché de l’emploi. Marine Charles fait le choix du conseil en stratégie car il lui permet de ne se fermer aucune porte et c’est le cabinet OC&C qui accueillera la jeune femme. C’est l’autonomie conférée par l’entreprise britannique qui pèse lourdement dans son choix et lui fait tourner le dos à des cabinets de conseil plus importants. L’humain a également son mot à dire, "leur équipe m’a inspirée et donné envie de les rejoindre". Elle prend goût aux projets à long terme qu’elle mène telles que les missions qu’elle réalise pour PagesJaunes ainsi que pour Amadeus, "j’ai eu le temps de me sentir vraiment utile et de délivrer des résultats concrets et non pas adresser seulement des recommandations". Toujours chez OC&C, elle traverse encore la Manche et retourne à Londres pour quelque temps où elle évolue au cœur du cabinet, "un défi intéressant car venant du cabinet français qui est plus petit, j’ai dû construire ma légitimité".

"Très stimulante intellectuellement et riche", l’aventure du conseil en stratégie aura duré cinq ans. Désormais, le temps est venu de goûter à des sujets opérationnels dans la durée pour Marine Charles, ce qu’elle avait pu effleurer lors de certaines de ses missions de conseil. De plus, elle souhaite étoffer sa capacité managériale. En 2008, c’est le Groupe Casino qui lui soumet le projet le plus intéressant et elle y entre en tant que cheffe de projet stratégie et plan puis devient, deux ans plus tard, directrice adjointe stratégie et plan.  Enfin, elle accède au poste de directrice du contrôle de gestion début 2012. Chez Casino, elle est confrontée à l’international, le Brésil notamment, où le groupe français monte alors en puissance, et son rôle axé "finance" la met aux prises avec les problématiques de dépenses d’investissement (CAPEX), "où est-ce que le Groupe doit investir pour être le plus efficace possible ?", résume-t-elle. Quand Casino lui propose un poste encore plus prestigieux, elle décline l'offre. En effet, Marine Charles estime qu’elle doit quitter le fleuron de la distribution si elle souhaite se frotter davantage à l’opérationnel.

C’est alors qu’à son grand étonnement, elle est chassée par Saint-Gobain. La longue lignée de brillants ingénieurs ayant contribué au rayonnement du groupe français l’impressionne et la littéraire qui sommeille en elle n’est pas certaine d’y être à sa place. Là encore, c’est la rencontre d'une personnalité rassurante qui fera la différence, son supérieur de l’époque : Benoît Bazin, actuel directeur général délégué de Saint-Gobain. L’entreprise aux plus de 170.000 salariés la recrute en tant que directrice stratégie et développement et lui fait la promesse de lui confier un poste "réellement opérationnel", si elle fait ses preuves. Marine Charles accepte car elle sait alors que Saint-Gobain est de ces entreprises qui savent, à terme, confier des responsabilités opérationnelles à des profils plutôt fonctionnels comme le sien. De surcroît, ce poste l’ouvre aux M&A, domaine auquel elle n’a eu que peu affaire et l’idée de développer d'autres compétences ne lui déplaît pas. C'est ainsi que durant près de trois ans, au sein du pôle distribution, elle participe à une dizaine de cessions et travaille énormément sur les sujets digitaux.

Chose promise, chose due. À la suite de cela, Saint-Gobain lui propose la direction générale adjointe de sa filiale Lapeyre puis la direction générale, il y a tout juste un an. Dans ce poste où rien ne lui échappe puisqu'elle chapeaute la communication, le digital, la gestion de la chaîne d’approvisionnement, l’expérience client mais aussi les RH, le réseau et les finances, Marine Charles est face à un grand défi, celui du redressement de Lapeyre, "un long chantier qui n’est pas encore terminé", reconnaît-elle.

Et après ? Marquée par son enfance d'expatriée, celle qui se sent anglaise, se verrait bien retrouver un poste assez tourné vers l'international. 

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