Professions financières / Rémy Weber / la banque postale
Professions financières
Rémy Weber / la banque postale
Le patron de la Banque Postale claque la porte
Même les fusions les plus amicales ne sont pas à l’abri d’anicroches. C’est aujourd’hui le cas de La Banque Postale et CNP Assurances, qui ont fusionné en mars dernier pour former l'un des premiers bancassureurs européens : la maison-mère La Poste a annoncé hier que le président du directoire de la Banque Postale était sur le départ, en raison de "divergences de vues" sur la gouvernance de CNP Assurances, dont il détient aujourd’hui 62,1%. Plus précisément, le dirigeant s’est élevé contre la décision de nommer à la place de Jean-Paul Faugère, l’ancien président de CNP Assurances qui s’apprête à prendre la présidence de l’ACPR (l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution, le gendarme des banques et assurances), un administrateur indépendant, qui doit être nommé lors du conseil du 31 juillet prochain. L’homme avait semble-t-il des visées sur le poste, en tant que dirigeant de son actionnaire majoritaire, et n’aurait pas apprécié qu’il ne lui soit pas proposé.
Dans le communiqué, les parties se séparent en de bons termes : le président de la Poste, Philippe Wahl, a "tenu à remercier très chaleureusement" Rémy Weber pour ses près de sept ans à la tête du groupe, tandis que ce dernier a dit "sa fierté d’avoir contribué au rayonnement du groupe La Poste avec la création d’un pôle financier public". Ce dernier, qui a dirigé le CIC avant d’entrer à la Banque Postale, va se consacrer à de nouveaux projets.
Son remplaçant devrait être choisi dans les prochaines semaines. Il vaudrait mieux trouver le candidat idéal rapidement, car outre l’intégration de CNP Assurances, la Banque Postale a encore de grands chantiers devant elle. Fin juin, Natixis et La Banque Postale ont signé l’accord de rapprochement des activités de gestion de taux et assurantielle annoncé en décembre 2019, marquant la création d'un leader européen, avec plus de 415 milliards d’euros d’encours sous gestion à fin mai 2020, pour le compte de grands clients institutionnels. Il vient aussi de fêter le premier anniversaire de sa banque mobile, Ma French Bank, et sa filiale de crowdfunding, KissKissBankBank, vient de réaliser l’acquisition de MicroDON, qui opère notamment les arrondis solidaires en faveur d’associations.
Enfin, outre ses défis opérationnels, La Banque Postale est attendue sur deux autres dossiers M&A : la reprise de la banque privée Meeschaert, qui gère 4 milliards d’euros d’actifs, pour laquelle Oddo, Rothschild et LFPI seraient aussi sur les rangs. Ou encore l’interminable vente d’HSBC France, un dossier difficile de restructuration d’une banque retail. Dans les deux cas, la crise du coronavirus a refroidi les ardeurs et la consolidation du marché en France pourrait prendre encore plus de temps que prévu.
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