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Accor coupé dans son élan

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coronavirus Accor coupé dans son élan

CORONAVIRUS. Le groupe a passé d’importantes dépréciations, notamment sur des acquisitions récentes, et supprime 1 000 postes dans le monde dans le cadre d’un plan d’économies.
Hôtel Accor
Hôtel Accor

En première ligne face à la crise sanitaire à l’instar de l’ensemble du secteur de l’hôtellerie, Accor a logiquement publié des résultats semestriels très dégradés.

L’hôtelier (Sofitel, Novotel, Raffles, Ibis…) affiche en effet une perte de 1,5 milliard d’euros au premier semestre, contre un bénéfice de 141 millions un an plus tôt. Cet écart s’explique par d’importantes dépréciations d’actifs. "La crise sanitaire Covid-19 a conduit à une dégradation très significative de l’industrie du tourisme et de l’hôtellerie sur l’ensemble des régions dans lesquelles Accor opère son activité. Par conséquent, le groupe a conclu qu’il existait des indices de perte de valeur au 30 juin 2020", explique le groupe.

Ces dépréciations concernent notamment des acquisitions réalisées dans les dernières années, comme la chaîne canadienne FRHI (acquise en 2016) et l’australienne Mantra (conclue en mai dernier), alors qu’elles devaient constituer des relais de croissance importants pour le groupe.

Les dépréciations d’actifs non financiers représentent au total 708 millions d’euros : elles portent principalement sur les marques (278 millions d’euros), les contrats de gestion hôtelière (173 millions), les écarts d’acquisition (155 millions) et des participations mises en équivalence (91 millions). Concernant les actifs financiers, Accor a provisionné 309 millions d’euros sur ses créances. Il a également déprécié 90 millions d’euros ses différés d’impôts actifs. Soit un impact total supérieur à 1,1 milliard d’euros dans ses comptes au premier semestre.

Pas de retour aux cash-flows 2019 avant… 2023

Mais les difficultés d’Accor ne sont pas que comptables, bien évidemment. Avec la fermeture des lieux d’hébergement et du trafic aérien, le groupe hôtelier a manqué de revenus face à ses coûts fixes – le revenu par chambre (RevPar) a fondu de 60% et le chiffre d’affaires a été divisé par deux, à 917 millions d’euros. C’est pourquoi il affiche un résultat d’exploitation négatif de 227 millions d’euros au premier semestre, qui souffre bien entendu la comparaison avec l’excédent de 375 millions réalisé un an plus tôt.

Conséquence de ses difficultés, Accor a annoncé un plan de réduction des coûts récurrents de 200 millions d’euros d’ici à 2022, qui passe notamment par la suppression de 1 000 postes dans toutes les entités du groupe, sur un total de 18 000.

Le rebond est notable depuis le mois de juin : en France, Accor estime par exemple que son taux d’occupation est remonté à 40% en juillet, contre 23% en juin et 8% en mai. À l'échelle du groupe, 81% des établissements sont ouverts au 3 août, soit plus de 4 000. Mais la reprise "sera progressive et graduelle", a averti Sébastien Bazin, le PDG d’Accor. Dans son scénario central, l’hôtelier ne prévoit d’ailleurs pas un retour au RevPar de l’année dernière avant 2022 ni aux flux de trésorerie de 2019 avant 2023. Dix pour cent de l’activité pourrait être irrémédiablement perdue. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que le groupe ne fournisse aucun objectif pour l’année en cours.

Signe toutefois qu’Accor pourrait à terme tirer profit de la crise, la direction a indiqué n’avoir jamais observé autant de demandes de partenariat de la part d’acteurs de l’hôtellerie plus petits (comme l’attestent les négociations avec Travelodge Owners Action Group pour convertir jusqu’à 500 hôtels en autant de franchises Ibis). De quoi étendre sa toile.

Après avoir chuté jusqu’à 5,8% peu après l’ouverture, soit la plus mauvaise performance du CAC 40, l’action Accor était en hausse de plus de 2% vers 14h30.

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