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Le secteur du tourisme confirme sa dévastation

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coronavirus Le secteur du tourisme confirme sa dévastation

CORONAVIRUS. Le numéro un mondial Tui, propriétaire des français Marmara et Nouvelles Frontières, a perdu 1,4 milliard d’euros entre avril et juin.
Vacances - gare - consommation - voyage
Vacances - gare - consommation - voyage

Les activités touristiques et de loisir se sont retrouvées en première ligne après les restrictions de déplacement décidées par la plupart des Etats à travers le monde, face à la pandémie. Mais la taille des acteurs joue beaucoup dans leur capacité de rebond.

Les grands acteurs du tourisme international accumulent les chiffres de pertes les plus impressionnants et ils mettront du temps à observer le redémarrage de leurs activités, puisque les lignes aériennes font encore l’objet de fortes restrictions et qu’ils sont les plus exposés dans leur activité aux destinations lointaines et/ou de groupes, comme les croisières ou les clubs de vacances. Mais ils ont pour eux une surface financière et des relations avec le système bancaire qui sont autant d’amortisseurs à court et moyen termes. Les acteurs les plus petits, souvent familiaux, ont des trésoreries et des actifs réduits, mais des structures de coûts fixes évidemment plus faibles et une agilité supérieure. Les plus touchés sont les entreprises de taille moyenne.

Le groupe Tui, numéro un mondial du tourisme et des voyages de loisirs, a annoncé ce matin une perte nette impressionnante de 1,42 milliard d’euros entre le 1er avril et le 30 juin (qui correspond au troisième trimestre de son exercice annuel décalé 2019-20), contre un bénéfice net de 23 millions un an plus tôt. Il affiche même une perte opérationnelle de 1,1 milliard à change constant et son chiffre d’affaires s’est, quant à lui, effondré de… 98,5% sur la période, à 72 petits millions d’euros. Ces chiffres sont bien plus catastrophiques que ce que ne prévoyaient les analystes : le consensus recueilli par Factset anticipait une perte nette de 323 millions d’euros et des revenus de 753 millions (ce qui aurait représenté un déclin de 84%). Bien qu’allemand, Tui est un acteur majeur en France, puisqu’il possède notamment les marques Nouvelles Frontières et Marmara.

Venant illustrer à la fois l’ampleur des difficultés du secteur mais aussi la capacité de ses plus grands représentants à mobiliser l’attention des pouvoirs publics, Tui avait annoncé hier l’obtention d’une aide supplémentaire de l’Etat allemand de 1,2 milliard d’euros. Quatre mois plus tôt, il avait déjà obtenu… 1,8 milliard d’euros du gouvernement. Cette aide supplémentaire doit lui permettre de préserver ses liquidités menacées par sa sous-activité, sachant qu’en plus le groupe a décidé en avril la suppression de 8 000 postes dans le monde, soit plus 11% de ses effectifs. Son concurrent britannique Hays Travel (qui a notamment acquis les agences du groupe défunt Thomas Cook au Royaume-Uni) a lui annoncé, lundi, la suppression de quasiment 20% de ses effectifs (soit 878 personnes).

Le secteur a malgré tout connu un certain redécollage depuis la fin du confinement. Ainsi, Tui a enregistré une hausse de 145% de ses réservations pour l’été 2021 par rapport à l’été 2020, où 1,7 million de nouvelles réservations ont été passées. Mais les nouvelles restrictions décidées récemment face au regain de contaminations dans certaines zones, notamment en Espagne, deuxième destination touristique au monde, viennent plomber l’atmosphère. Malgré des chiffres de réservations en hausse depuis juin, "il existe un risque de développement d’un sentiment négatif à l’égard des marques étant donné les nombreux clients toujours en attente de remboursement. Les opérateurs doivent être attentifs à la manière dont ils commercialisent les réservations à venir et leurs destinations étant donné l’incertitude de nombreux clients à l’égard de leurs réservations", estime Johanna Bonhill-Smith, analyste chez GlobalData.

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