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Confinement: ces entreprises qui ont plus souffert que les autres
Alors que les commerces non essentiels et les terrasses des restaurants s'apprêtent enfin à lever rideau, le 19 mai prochain, le bilan du premier confinement par type d'entreprises et emplacement géographique dévoilé par l'INSEE est fort instructif. Ainsi, selon l'institut, tous les territoires ont été lourdement affectés par les mesures de restriction sanitaire des mois de mars et avril 2020, avec une chute du chiffre d'affaires des sociétés de 16% en moyenne au premier trimestre par rapport à un an plus tôt. On le savait déjà, le secteur des services a été le plus affecté, avec un recul de 20,8% du chiffre d'affaires des entreprises, contre une baisse de "seulement" 11,4% dans les commerces (grâce au maintien des grandes surfaces ouvertes dont l'activité a largement profité du confinement) ou encore de 15,6% dans l'industrie. Mais les différences entre territoires n'avaient jusqu'à présent pas été mises en lumière de façon aussi évidente : or, les sociétés d'Ile de France ont connu un recul de leur chiffre d'affaire de 19% en moyenne contre15% en moyenne pour les entreprises du reste de la France. Et ce tant pour les petites sociétés de 10 à 49 salariés (-20% en IDF contre -17% ailleurs) que pour les grands groupes de plus de 250 salariés (-16% contre -14%).
En termes sectoriels, l'industrie francilienne a relativement plus souffert que les autres entreprises du secteur ailleurs en France (-19% contre -15% dans les autres territoires) : selon l'Insee, elle a "particulièrement pâti des difficultés rencontrées aux frontières par l'industrie automobile et aéronautique, et de la baisse des exportations suite à la fermeture des frontières". De même les transports ont plus souffert qu'ailleurs, Paris concentrant les principaux aéroports nationaux et présentant le plus important réseau de transports publics. Enfin, l'Ile-de-France a été le territoire le plus affecté du point de vue de ses activités touristiques (-55% dans l'hébergement contre -37% dans le Sud Ouest ou encore -39% dans la restauration contre -33% dans le Sud Ouest).
Les fermetures d'entreprises imposées par le gouvernement au niveau national ont en revanche été d'ampleur comparable partout sur le territoire, 34% des sociétés de 10 salariés ou plus ayant suspendu leur activité, soit un peu plus d'un tiers des entreprises françaises. "Si ce taux varie fortement d'un secteur à l'autre (20% dans les transports contre 52% dans la construction), il est en revanche assez stable pour une même activité dans l'ensemble des territoires", souligne ainsi l'institut statistique. En revanche, et c'est ce qui explique notamment les divergence de pertes de chiffre d'affaires par région, les fermetures ont été plus longues en Ile de France. En moyenne, les entreprises ont fermé leurs portes 58 jours (74 jours pour celles des services contre 41 jours dans l'industrie) et cette durée ne diffère guère d'un territoire à l'autre, sauf en Ile de France, où elle a atteint en moyenne 68 jours. La région a effectivement été pénalisée par le poids plus important qu'ailleurs d'activités soumises à des restrictions prolongées (restauration, art et spectacle). Par ailleurs, l'absence prolongée de touristes étrangers a conduit certains lieux d'hébergement à rester clos faute de clientèle, l'événementiel et le commerce de luxe ayant également beaucoup souffert de l'absence des touristes asiatiques.
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