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Pierre & Vacances entrevoit le bout du tunnel au prix fort
Alors qu’il se battait pour sa survie depuis plus d’un an, Pierre & Vacances-Center Parcs (PVCP) franchit un à un les obstacles. Après avoir conclu plusieurs accords avec ses créanciers dans le cadre de la procédure de conciliation et obtenu l’accord de 80% des propriétaires bailleurs (par lequel ces derniers ont abandonné cinq mois de loyers sur les seize durant lesquels l’activité a été – très – affectée par la crise sanitaire) début décembre, le numéro un européen des résidences de loisir a trouvé des investisseurs sur lesquels s’adosser. La période de négociations exclusives a démarré hier et s’achève le 31 janvier 2022.
Point de candidats extérieurs finalement, contrairement à ce dont il fut un temps question (les fonds de restructuration ou de "situations spéciales" HIG et Certeres, et le hedge fund Davidson Kempfer Capital Management n’ont pas été retenus ou n’ont pas donné suite). Un accord a été signé avec trois de ses créanciers ou bailleurs institutionnels : le fonds de dette à haut rendement Alcentra, le fonds de situation spéciale Fidera et l’investisseur français Atream, spécialisé dans l’immobilier et le private equity. Une chose est certaine : les actionnaires actuels seront rincés. En fonction du résultat d’une série d’opérations financière à venir, ils détiendraient, si l’accord était conclu, de 2,1% à 16,4% du capital.
L’accord prévoit une très importante conversion de dette en capital – à hauteur de 551 millions d’euros, soit environ la moitié de sa dette brute. L’opération doit lui permettre "de retrouver un niveau d’endettement pérenne et équivalent à celui qui prévalait avant la crise sanitaire", précise le groupe. Autre mesure principale, l’injection de 200 millions d’euros de fonds propres par les trois investisseurs. Ceux-ci bénéficiant également de la conversion de créances, ils se retrouveraient ainsi majoritaires (relativement ou en absolu) : ils détiendraient entre 42,6% et 56,8% du capital de l’entreprise recapitalisée et désendettée. Enfin, l’activité immobilière de PVCP sera externalisée au sein d’une société foncière, qui sera créée par Atream et d’autres "partenaires" institutionnels (non nommés à ce jour). Son rôle sera de développer de nouvelles implantations.
Actionnaire de PVCP à hauteur de 49,6% via la holding familiale Siti, le fondateur Gérard Brémond, âgé de 84 ans, n’a pas tout perdu. Il contrôlera (à 70%) une nouvelle société, dont le rôle sera d’assurer d’importantes prestations auprès de la future foncière : la sélection, le montage, le contrôle de la maîtrise d’ouvrage, la gestion et – le cas échéant – la cession d’actifs touristiques. Atream et PVCP contrôleraient chacun 15% du capital de ce prestataire de services. Il héritera également d’un poste de "conseiller spécial" du groupe pour l’"accompagner […] dans sa transition pendant 3 à 4 ans" et bénéficiera, à ce titre, d’actions de préférence convertibles en actions ordinaires (certaines sous condition de performance) : ce plan gratuit pourrait l’amener à détenir une participation de 3,7% du capital de PVCP après recapitalisation. Franck Gervais, actuel directeur général de PVCP, devrait présider un conseil d’administration renouvelé de huit ou neuf membres.
L’accord, qui bénéficie du soutien d’une majorité de créanciers, devra toutefois être approuvé par les actionnaires actuels lors d’une assemblée générale (AG) extraordinaire, qui sera organisée après l’AG annuelle, prévue le 10 février prochain.
La pandémie ayant mis à bas le secteur du tourisme, les 18 mois passés ont été extrêmement difficiles pour le groupe. Au terme de son exercice annuel décalé 2020/21 (clos le 30 septembre), il a accusé une perte nette de plus de 341 millions d’euros, après une perte de 336 millions un an plus tôt.
Même avec un bilan nettoyé, la partie ne sera pas pour autant gagnée pour PVCP. Au-delà de ses pertes colossales provoquées par la crise sanitaire, le groupe cumule les déficits depuis dix ans… Une chose est claire : le modèle économique qui a fait la renommée de Pierre & Vacances pendant 54 ans – la vente à des particuliers de biens immobiliers à prix réduit et l’octroi de droits de séjour en échange de leur gestion et d’une perception d’une partie de l’usufruit par l’entreprise – sera abandonné.
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