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Pierre & Vacances-Center Parcs

Pierre & Vacances entérine son sauvetage et sa nouvelle stratégie

L’accord de restructuration définitif a été signé le 10 mars. Les anciens créanciers nouvellement actionnaires comptent favoriser le redressement du groupe, tandis que l’Etat a dû accepter de se retrouver actionnaire.
Pierre & Vacances
Pierre & Vacances

Ça y est : l’accord de restructuration financière de Pierre & Vacances - Center Parcs (PVCP) a été bouclé le 10 mars avec les fonds de dette et les créanciers bancaires et obligataires. Par rapport aux éléments des négociations exclusives annoncés quelques jours avant Noël, qui entérinaient l’éviction de son fondateur Gérard Brémond, une conversion massive de dette en capital, ainsi qu’une injection de nouveaux fonds propres, les participations des créanciers et bailleurs qui viennent de prendre le contrôle du groupe ont été précisées. Le fonds de dette à haut rendement (high yield) Alcentra détiendra entre 21,7 et 24,7% du capital de PVCP, le fonds de situations spéciales Fidera entre 20,5 et 23,5% et le français Atream - déjà détenteur de quatre Center Parcs et d’une résidence Pierre & Vacances - 7,2%.

Comme prévu, près de 552 millions d’euros de dettes seront convertis en capital (soit environ la moitié de la dette brute, dont 215 millions des 240 millions d’euros de Prêt garanti par l’Etat), tandis que PVCP bénéficiera de l’apport de 200 millions d’argent frais grâce à deux augmentations de capital. En raison de la conversion du PGE, l’Etat se retrouve également actionnaire ; mais cet actionnariat sera exercé sous une forme indirecte à déterminer, par exemple à travers une fiducie (trust) dirigée par les banques ayant octroyé le PGE. Les actionnaires existants, rincés, se retrouveront avec une part oscillant entre 4,7 et 10,8%.

L’ensemble de ces opérations permettront au spécialiste des résidences de vacances de diviser par trois son endettement brut.

Si cette cure d’amaigrissement est sévère, il ne vise pas à accompagner le déclin inexorable ou préparer son démantèlement. Les nouveaux actionnaires devront maintenir l’intégrité de PVCP : les presque 300 sites, 45 800 appartements et cottages et les enseignes Pierre & Vacances, Center Parcs, Adagio et Maeva sont repris. Le retour en grâce de PVCP pourrait d’ailleurs intervenir assez rapidement. Alors que le plan stratégique Réinvention 2025 est en place depuis un an, sous l’égide du directeur général Franck Gervais (arrivé en janvier 2021 et qui est maintenu), le groupe prévoit un retour aux bénéfices dès 2022. Le modèle des Center Parcs, installés près de forêts ou d’espaces aquatiques, correspond à la demande pour des vacances de proximité et proche de la nature et son modèle économique (qui repose sur des réservations directes) est un atout essentiel dans le secteur du tourisme : le groupe compte en ouvrir un par an. Concernant les résidences Pierre & Vacances, la priorité est mise sur la montée en gamme, tandis que des projets d’hôtels et d’écolodges sont dans les tuyaux.

Ce développement doit être facilité par l’abandon de l’activité de promotion immobilière et l’aménagement, cause d’une partie de ses difficultés (les résidences sont surtout possédées par des milliers de particuliers à qui il faut verser des loyers) ; elle sera externalisée auprès d’une foncière créée pour l’occasion, dont les actifs seront gérés par une société de services immobiliers détenue à 70% par Gérard Brémond.

Reste une épine dans le pied de PVCP : le dossier Villages Nature, détenu à parité avec Euro Disney. Un protocole de conciliation, selon les termes duquel PVCP acquiert le contrôle total du complexe, doit encore être homologué.

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