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Automobile : chute en trompe-l’œil du marché français

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Automobile : un marché français en trompe-l’œil

L’ampleur de la chute du marché en août est en partie liée à un effet de base défavorable, tandis que l’occasion continue de bien se porter. Mais elle ne facilite pas la lecture de la tendance pour l’année.
voitures - parc automobile
voitures - parc automobile

L’espoir d’une reprise en V du marché automobile grâce au fameux "effet de rattrapage" s’est-il déjà envolé ? Oui si l’on se fie sans les interpréter aux statistiques du mois d’août publiées ce matin par le Comité des constructeurs français d’automobile (CCFA) : les immatriculations de véhicules légers neufs – voitures particulières (VP) et véhicules utilitaires légers (VUL) – ont reculé de 17% au mois d’août par rapport à l’année dernière, pour tomber à 129 442 unités. Pour les seules VP, la chute est plus brutale encore (-20% à 103 635 unités), tandis que les immatriculations de VUL s’inscrivent en légère baisse (-2% à 25 807). L’évolution est d’autant plus claire que le nombre de jours ouvrés est identique entre août 2019 et août 2020 (21).

Dans ce contexte, les marques françaises ont fait beaucoup mieux que leurs concurrentes : dans les VP, elles reculent de 13% pour occuper une part de marché de 54%, tandis que les constructeurs étrangers chutent de 26%.

C’est un coup d’arrêt brutal, alors que les immatriculations étaient reparties à la hausse après le déconfinement : très modestement en juin (+1,2% mais avec deux jours ouvrés de plus par rapport à juin 2019), plus franchement en juillet (+4%). Mais l’importance de ce léger rebond par rapport à la chute d’août doit aussi être relativisée : la demande a été soutenue pendant les deux premiers mois de l’été par les primes à la conversion versées par le gouvernement, qui ont été plus restrictives à partir du 3 août. Ce qui explique une partie de la baisse observée le mois dernier.

Il existe en outre un indicateur qui atteste d’un certain appétit des acheteurs : le marché de l’occasion. Ce dernier continue son insolente progression. Il a progressé de 17% sur un an, à 491 315 unités. Sur huit mois, il atteint quasiment 3,5 millions d’unités, soit une baisse relativement limitée de 9,2%.

Ensuite, l’ampleur de la chute d’août ne doit pas provoquer d’emballement dans l’analyse. Le marché a en effet souffert d’un effet de comparaison très défavorable : un an plus tôt, les immatriculations avaient été artificiellement gonflées par la perspective de l’application dans son ensemble de la norme d’homologation WLTP à partir du 1er septembre. En fait, 100 000 unités constituent un volume usuel pour le mois d’août.

Reste que de tels coups de braquet rendent bien difficile une quelconque prévision pour le reste de l’année. Conséquence des dernières évolutions, le marché affiche un recul de 32% depuis janvier (pour un total très proche du million d’euros). Au cours des sept premiers mois, la chute atteignait 33,2%, pour 38,6% au premier semestre et 48% entre janvier et mai. On voit donc que le redressement du marché a fortement ralenti entre mai (date du déconfinement) et août. Les anticipations d’immatriculations pour l’année s’échelonnaient entre des baisses de 20% et de 30%, en fonction des prévisionnistes. AAA Data, qui fournit les chiffres au CCFA, mise sur un recul de 24%, à 1,68 million d’immatriculations VP, "en tablant avec un certain volontarisme sur des effets positifs du plan de relance économique qui sera précisé le 3 septembre prochain et l’action commerciale des constructeurs et des distributeurs en fin d’année". Mais une interrogation de poids vient remettre en question cette confiance : jusqu’à quel point le marché de l’occasion détourne-t-il la volonté d’achat de véhicules neufs des consommateurs ? Le mois de septembre donnera des indications cruciales quant à la réalité du marché.

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