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L'automobile entame 2022 du mauvais pied
Le marché automobile français poursuit sa descente dans les bas-fonds. Après deux années de chute, en 2020 (en raison de la pandémie) puis en 2021 (en raison notamment de la pénurie de semi-conducteurs), il a entamé 2022 avec une nouvelle baisse.
Selon AAA Data, qui fournit les statistiques au Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), les immatriculations de voitures particulières (VP) ont perdu 18,6% en janvier par rapport au même mois l’année dernière, à 102 901 unités, malgré un jour ouvrable de plus. Par rapport au janvier 2020, deux mois avant le confinement généralisé consécutif à la pandémie, la chute représente 23%, tandis qu’elle dépasse les 33% si l’on se réfère au mois de janvier 2019 (dernière année pleine avant la crise sanitaire).
La tendance frappe également les véhicules utilitaires légers (VUL, moins de 5,1 tonnes), segment qui a pourtant moins souffert l’année dernière en raison de la croissance économique qui a encouragé les commandes professionnelles : à 28 201 unités, les immatriculations reculent de 19% sur un an glissant, de 13% par rapport à janvier 2020 et de 21% par rapport à janvier 2019.
Dans ce climat, parmi les principaux constructeurs présents sur le marché français, Renault subit la baisse la plus importante (-23,4% en rythme annuel) et perd 1,5 point de part de marché (à 22,6%). Il est plombé par sa marque – d’habitude phare – Dacia (-34,5%) dont la gamme traverse une phase de restylage/renouvellement. Le groupe Volkswagen perd 19,8% (à 12,1% de pénétration), tandis que Stellantis fait mieux en évoluant au même rythme que le marché (avec une part de 36,3%). La médaille du mérite échoit au coréen Hyundai, qui poursuit son exceptionnelle ascension : ses immatriculations progressent de… 10% et le constructeur (qui commercialise les marques Hyundai et Kia) occupe désormais à 6,7% du marché français – sa part était inférieure à 4% en janvier 2019.
Malgré un marché toujours en berne, la transformation de la demande se poursuit : encouragées par la réglementation (comme le maintien du bonus de 6 000 euros jusqu’en juillet prochain pour les modèles à moins de 45 000 euros), les motorisations non conventionnelles confirment leur implantation. Les modèles hybrides ont progressé de 8% (pour atteindre une part de marché de 30% en janvier) et les modèles 100% électriques ont bondi de 58% (pour occuper 10% du marché). "Les modèles essence (38% des immatriculations), souvent frappés d’un malus encore durci au 1er janvier, reculent de 32%", mentionne AAA Data. Le diesel continue de s’effondrer (-41% pour une part de marché de 18%). En termes de carrosserie, les SUV, plus chers (pour les clients) et mieux margés (pour les constructeurs) séduisent toujours plus et ont dépassé les berlines (47% contre 46% des immatriculations).
Ces deux tendances sont le signe que la fin des pénuries (espérée en fin d’année par les professionnels) ne signera pas nécessairement un redressement du marché à son étiage prépandémie. Avec des motorisations très onéreuses (même subventionnées) et des carrosseries qui le sont autant, la voiture devient un produit haut de gamme. La situation induit d’ailleurs de nouveaux comportements des ménages dans leurs rapports à l’automobile, plus centrés sur l’usage que la propriété exclusive : les formules de location (location avec option d’achat ou location longue durée) représentent désormais… plus d’un achat sur deux (50,3%), au détriment des achats au comptant ou à crédit. C’est également la raison pour laquelle le marché et les prix de l’occasion ont littéralement explosé, malgré les primes à la conversion censées encourager le rajeunissement du parc automobile.
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