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La « French Tech » monte en grade

La France passe à la deuxième place européenne en montants investis au premier semestre, selon le baromètre du capital-risque EY. Le marché a été porté par les grandes opérations.
Biotechs
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La crise sanitaire n’a visiblement pas déboussolé l’écosystème technologique en France. Au premier semestre, les entreprises innovantes (start-ups et PME de croissance) ont levé 2,7 milliards d’euros à travers 360 opérations, selon le baromètre semestriel du cabinet de conseil EY. C’est certes un peu moins bien que les 2,79 milliards encaissés un an plus tôt (soit une baisse de 3%), mais nettement mieux que les années précédentes (1,95 milliard d’euros au premier semestre 2018, 1,22 milliard en 2017, un milliard en 2016…). Etant donné le contexte, il s’agit d’une performance.

Ce jugement est également valable en relatif : la France prend la deuxième place au classement européen en passant devant l’Allemagne, qui subit une chute nettement plus importante (-20% à 1,96 milliard d’euros, à travers 154 opérations, en baisse de 28%). Le Royaume-Uni est un peu plus affecté que l’Hexagone, mais son écosystème reste largement en tête (-9% à 4,8 milliards d’euros) : sa position de place financière mondiale lui permet d’attirer des capitaux internationaux avec beaucoup moins de difficultés.

Peut-être est-ce le signe des temps : les secteurs des sciences de la vie sont ceux qui ont progressé le plus vite en un an. Leurs entreprises ont collecté 449 millions d’euros, soit 46% de plus qu’il y a un an. Juste derrière en terme de rythme de progression, le montant levé par les Fintech (technologies appliquées à la finance ou à l’assurance) a bondi de 45%, à 304 millions d’euros. Le développement des cryptoactifs, de l'intelligence artificielle, les nouveaux usages bancaires et la nécessité des banques françaises à restructurer leurs réseaux en dur expliquent probablement ce phénomène. Sans surprise, en valeur absolue, les entreprises des secteurs internet et des logiciels/services informatiques restent dominants, ayant respectivement attiré 717 et 670 millions d'euros, à travers 75 et 84 opérations. Le secteur de Cleantech, lui, a collecté 284 millions d'euros.

Les montants unitaires attestent, que les fonds de capital-risque ou de capital-développement sont prêts à investir des sommes très importantes sur des jeunes sociétés françaises. Comme en témoignent les levées d'Ecovadis (182 millions d'euros), ContentSquare (173 millions), Manomano (125 millions), BackMarket (110 millions) ou encore Qonto (104 millions).

Mais comme on le voit ici, l'argent est allée vers les valeurs sûres des jeunes entreprises: les investissements français ont été portés par le "growth capital" (c'est ainsi que EY désigne les levées supérieures à 100 millions d'euros) : cette catégorie a progressé de 19% en France au premier semestre, alors qu'elle s'est effondrée de 80% en Allemagne et de 54% au Royaume-Uni. A l'opposé, la catégorie "capital risque" (moins de 100 millions d'euros) a perdu 9% dans l'Hexagone, alors qu'elle a progressé de 30% outre-Rhin et de 28% outre-Manche. Cela peut-être inquiétant à long terme pour la France, mais à court terme, cela permet d'espérer de voir émerger des licornes, encore rares dans ce pays.

Signe que le sujet est suivi avec attention dans les hautes sphères, Cédric O, le secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, s'est fendu d'un communiqué dans lequel il se félicite du classement de la France dans cette étude. "Nous devons continuer à accélérer, dans le contexte de forte compétition internationale que nous connaissons", a-t-il déclaré dans un communiqué. Rappelant l'annonce la semaine dernière d'un investissement de plus de 3,7 milliards d'euros sur deux ans pour les start-ups, dans le cadre du plan de relance.

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