Start-up / Start-up / Levée de fonds / licorne / rentabilité / cafards / French Tech / EY
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La rentabilité fait son retour en grâce dans la French Tech / Entre entrepreneurs et investisseurs, le pouvoir de négociation change de camp
2023 sera peut-être l’année où les cafards prendront leur envol. Dans le vocabulaire de la Tech, le terme désigne ces jeunes pousses qui visent avant tout la rentabilité. Un modèle éloigné de celui des licornes, qui incarnent dans l’écosystème start-up celles qui ne sont pas cotées et qui sont valorisées à plus d’un milliard de dollar, aux objectifs de croissance rapide. Leur club s’est élargi au fil de l’année 2022, avec désormais 27 membres à son actif en France, rapporte le baromètre du capital-risque d’EY.
Mais, ombre au tableau : si l’année, dans son ensemble, a été fructueuse pour l’écosystème French Tech, le second semestre a, lui, été marqué par une inflexion dans les levées de fonds. Et un terme revient dans les études menées à ce sujet : celui d’un changement de paradigme.
"Ce qu’il se passe, surtout, c’est une inversion du pouvoir de négociation. 2021 a été une année phare, où ce dernier était totalement aux mains des entrepreneurs, que ce soit sur les négociations ou sur les valorisations. Mais les valorisations ont baissé. Le critère absolu n’est plus vraiment l’hyper croissance, puisque l’argent est plus rare.", explique à WanSquare Franck Sebag, associé chez EY.
Revenir à la base
De quoi se concentrer sur la rentabilité pour les start-up qui cherchent à s’attirer les faveurs des investisseurs, dans un contexte économique morose. "On revient en fait sur des critères financiers de base, à savoir un cap sur la profitabilité qui est plutôt quelque chose d’assez sain. On revient ainsi sur un peu plus de sobriété. Et de sérénité aussi.", ajoute le spécialiste des compagnies à croissance rapide et des introductions en Bourse, pour l’Europe de l’Ouest, au sein du cabinet de conseil.
Exit donc la toute-puissance des valorisations et l’âge d’or des licornes ? De nouveaux indicateurs attirent en tout cas l'attention des opérateurs. Comme, par exemple, le revenu annuel récurrent (ARR), souvent généré par les start-up spécialisées dans les logiciels sous abonnements (SaaS). Celles qui parviennent a dégager plus de 100 millions de dollars d'ARR ont, elles-aussi, désormais leur propre appellation. Celle des centaures, popularisée par le fonds Bessemer Venture Partners.
Le retour de la rentabilité comme critère d'investissement principal n'est pas pour autant synonyme d'une décrue de la popularité des French Tech. "On a un écosystème super financé. Oui il va falloir être plus rigoureux et, oui, les valorisations vont baisser. Mais Il faut avoir en tête qu’en 2014, il n’y avait que 900 millions d’euros qui étaient investi dans la French Tech. A fin 2022 on est à 13,5 milliards. Certes, il y a un ralentissement mais à un niveau incroyablement plus que haut que ce qu’on a connu dans le passé. (...) Il y a des nuages, ca va être difficile. Mais même avec ces conditions économiques, ce sera plus facile en 2023 qu’en 2019 ou 2018.", ajoute Franck Sebag.
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