WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Parité/Femmes / CAC 40 / rentabilité / Performances opérationnelles / Loi Rixain / Comex / RSE / performances financières

Entreprises / Actions
Parité/Femmes / CAC 40 / rentabilité / Performances opérationnelles / Loi Rixain / Comex / RSE / performances financières

Des liens entre les femmes et les performances du CAC 40 / La féminisation des Comex améliore la rentabilité et la RSE

Les comités exécutifs des entreprises du CAC 40 comptent, d’année en année, davantage de femmes en leur sein. Craintes législatives au regard des échéances de la loi Rixain qui se rapprochent ou féminisation des rangs par bonne foi ? Il n’empêche que les plus grandes entreprises françaises aux instances dirigeantes et aux effectifs les plus diversifiés présentent, en moyenne, de meilleures performances que les autres.
La Défense (©Xavier POPY/REA)
La Défense (©Xavier POPY/REA)

La loi Rixain fêtait, il y a deux mois, le premier anniversaire de sa promulgation. En son sein, un objectif à horizon 2026 : celui d’atteindre pour les entreprises le seuil de 30 % de femmes par Comité exécutif (Comex). Et l’échéance a peut-être déjà poussé quelques entreprises du CAC 40 à féminiser leurs instances dirigeantes. Selon l’édition 2023 de l’étude sur la diversité et l’inclusion de l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises, 30 % des composantes de l’indice phare parisien ont franchi ce cap au 1er janvier 2022, soit une progression de 10 points par rapport à l’année 2021.

Une tendance à l’amélioration qui ne masque pas pour autant un problème fondamental, celui du plafond de verre. Les femmes n’ont représenté, en moyenne, que près de 23 % des Comex du CAC 40. Tandis qu’au sein de la population cadre, "vivier traditionnel de recrutement des dirigeants", pointe le rapport, elles ont atteint une part de plus de 35 %. Plus largement, les femmes ont pesé à hauteur de 39 % dans les effectifs des plus grandes entreprises françaises. La palme de la "lanterne verte" du CAC 40, dont le plafond de verre est le plus bas, revient à Air Liquide fait remarquer l’observatoire SKEMA. Sur les quatorze membres de son Comex, quatre sont des femmes. Soit une part féminine de 28,5 %. Et avec un pourcentage de 31 % de femmes parmi ses cadres, son indice d’inégalité en matière de promotion professionnelle s’affiche à 2,43.

 

Des performances surpassées

 

La fine fleur des entreprises françaises aurait pourtant tort de se priver de féminiser ses rangs. L’étude relève, en effet, un fort lien de corrélation entre la présence accrue de femmes dans les Comex, dans l’encadrement ou dans les effectifs et les performances économiques, sociétales et environnementales du CAC 40.

La rentabilité opérationnelle, sur l’année 2021, des dix entreprises dont les Comex sont les plus féminisés était de 64,24 % supérieure à celle dont ils le sont le moins. Même constat du côté de la responsabilité sociétale de ces dix entreprises, dont la performance des meilleurs élèves dépasse de près de 43 % celle des derniers de classe. Enfin, le succès en matière de responsabilité environnementale des dix entreprises aux Comex les plus féminins du CAC 40 est supérieur de 41,68 % à celles dont ils le sont le moins. Le constat reste le même au regard de la féminisation de l’encadrement et dans des proportions comparables. La rentabilité opérationnelle, la responsabilité sociétale et environnementale des dix entreprises dont les effectifs d’encadrement contiennent le plus de femmes dépassent celle des effectifs les plus masculins de 47 % à 61 %.

Ce qui ne serait pas un hasard. Le rapport avance plusieurs raisons à ce lien entre la féminisation des firmes du CAC 40 et leurs performances. D’abord en interne, du fait que les femmes soient des salariés davantage stables avec une proportion de démissions inférieures à celle des hommes. "Ce qui permet de garder les compétences stratégiques dans l’organisation et de rentabiliser l’investissement en formation", souligne l’étude. Aussi, les promotions internes de femmes constitueraient un facteur de motivation professionnel pour celles travaillant dans ces entreprises.

 

Féminiser oui, mais la mixité reste aussi un enjeu

 

Côté business, l’étude souligne que la moitié des consommateurs sont des consommatrices. Employer plus des femmes permettrait donc de mieux appréhender les attentes de ces dites clientes et d’améliorer les relations commerciales. Et d’un point de vue réputationnel, la diversité représenterait une preuve d’ouverture à laquelle seraient sensibles toutes les parties prenantes, des pouvoirs publics aux actionnaires, en passant par les agences de notations, les clients et les médias.

Si ces différents constats sont sans appel, il n’est pas question pour autant de remplacer tous les hommes par des femmes. L’observatoire SKEMA souligne en effet l’importance de la mixité, notamment au niveau des embauches. D’une part parce que le recrutement de femmes et d’hommes permettrait d’élargir la taille du marché du travail et donc de maximiser ses chances de recruter des effectifs de meilleure qualité. Mais aussi parce que "la diversité des systèmes de représentation liée à la diversité des expériences et des convictions améliore les processus de décision et la créativité dans les organisations".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article