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Les activistes seront bel et bien de retour en Europe en 2023 / La France toujours plus exposée aux attaques
Ils s’étaient faits discrets en 2022 en raison de la guerre en Ukraine, les fonds activistes devraient repartir à l’attaque cette année. C’est ce que révèle la dernière édition du rapport d’alerte sur l’activisme 2023 en Europe, publié par le cabinet de conseil Alvarez & Marsal. "L’activisme devrait même retrouver des niveaux élevés, comparables à ceux du début de l’année 2022, au cours de l’année 2023", prévient le rapport. Pour rappel, une hausse de 30% du nombre d’entreprises ciblées par des attaques activistes avait effectivement été constatée en début d’année dernière par rapport à la même période de 2021. Le conflit russo-ukrainien avait toutefois calmé les ardeurs des fonds sur le reste de l’année, le nombre d’entreprises européennes ciblées ayant finalement baissé de 13% sur un an, selon Alvarez & Marsal.
Une vague déferlante
Si les fonds activistes devraient reprendre de plus belle leur offensive cette année, les sociétés européennes pourraient cependant disposer encore d’un peu de répit. "Le retour des activistes se fera plus tard dans l’année et surtout en 2024, à mesure que les perspectives économiques se clarifieront", observe le rapport qui dénombre tout de même 144 cibles susceptibles de faire l’objet de campagnes activistes au cours des 18 prochains mois. "Au cours de ces derniers mois, les activistes se sont concentrés sur les levées de fonds, l’élaboration de leur stratégie et l’identification de leurs cibles potentielles pour l’année à venir. Les entreprises doivent donc agir maintenant avant que la vague ne prenne de l’ampleur et menace de les submerger en 2023", conseille Malcom McKenzie, associé d’Alvarez & Marsal, en charge de la pratique corporate transformation services en Europe.
Anticiper les coups
Dans ce contexte, les entreprises à risque doivent donc se tenir prêtes à contre-attaquer. "(Elles) ont encore un peu de temps pour agir sur leurs performances en étant particulièrement attentives aux questions de réallocation de leurs actifs. Il s’agit de poursuivre la chasse aux coûts structurels mais aussi d’être capable de se délester des activités sous-performantes pour alléger leur modèle ou d’envisager de séparer leurs activités de croissance de celles génératrices de profits et de cash. Ce répit qui leur est accordé doit être l’occasion pour elles de devenir leurs propres activistes et ainsi d’éviter que de vrais acteurs ne les attaquent dans les prochains mois", suggère pour sa part Guillaume Martinez, lui aussi associé d’Alvarez & Marsal, en charge de la pratique corporate transformation services en France.
L’ESG, thématique toujours favorite
Un conseil d’autant plus avisé que de plus en plus de fonds européens adoptent des stratégies activistes, note le rapport. Alvarez & Marsal en identifie désormais 96 contre 93 en 2021 et 89 en 2020. Par ailleurs, le nombre de campagnes traitant de l’ESG (environnement, social et de gouvernance), et particulièrement sur les enjeux climatiques devrait croître de 22% cette année, de 14% s’agissant des problématiques sociales. "Les secteurs de la consommation, où les entreprises ne sont pas parvenues à maintenir leur chiffre d’affaires en protégeant leurs marges et leur génération de trésorerie, et de l’énergie sont les plus à risques ", souligne le rapport.
Côté tendance, les campagnes pourraient être axées sur la réallocation du capital. "Les activistes risquent d’augmenter leur pression sur les conseils d’administration des entreprises pour que ceux-ci améliorent leurs allocations d’actifs et se concentrent sur des modèles d’exploitation moins consommateurs de cash". Les demandes d’opérations de fusions-acquisitions devraient, elles aussi, se multiplier.
La France, cible privilégiée
Et dans ce scénario, la France ne sera malheureusement pas épargnée. Pire, le rapport confirme que l’Hexagone reste une cible de choix pour les fonds activistes américains mais aussi désormais européens, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne. Le nombre de cibles tricolores potentielles identifiées par Alvarez & Marsal est toujours de 23, un chiffre qui s’est maintenu tout au long de l’année 2022, " ce qui démontre bien l’intérêt des activistes pour certaines entreprises françaises ", constate le rapport. Il faut dire que les fonds activistes savent s’y prendre dans l’Hexagone. "Ils ont intelligemment su s’adapter au marché français et à ses exigences en parvenant notamment à obtenir le soutien d’autres actionnaires, ce qui a participé à améliorer leur image et à assurer le succès de leurs campagnes", pointe le rapport. Et les concernant, ce sont leurs performances financières, plus que les critères ESG – les sociétés françaises étant considérées comme en avance dans ces domaines-, qui attiseront leur appétit.
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