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SES-imagotag / Gotham City Research / Bourse / fonds activistes / Hedge funds / Short-seller
SES-imagotag organise sa défense en bonne et due forme / Les objections aux attaques semblent convaincre la Bourse
SES-imagotag reprend des couleurs. Après avoir vécu une sombre fin de semaine, le cours de Bourse du spécialiste de l’étiquetage électronique pour la grande distribution rebondissait de 18 % en fin d’après-midi ce lundi (l’action se traite à 82,5 euros contre 166,8 euros avant la polémique). Pour les opérateurs, la riposte organisée par le locataire du SBF 120 aux attaques formulées par le hedge fund Gotham City Research (GCR) en fin de semaine dernière semble donc apparaître convaincante.
De fait, le groupe avait prévenu dans un premier communiqué qu’une réponse plus détaillée aux accusations de lourds torts financiers et éthiques ne tarderait pas à voir le jour. Et la voici : dans un communiqué publié avant l’ouverture de la Bourse ce lundi SES-imagotag réplique, point par point, aux reproches de GCR à son encontre.
Tout d’abord, en revenant plus en détail sur une accusation à laquelle il avait déjà répondu. Et notamment sur une surévaluation de son chiffre d’affaires et de son excédent brut d’exploitation (Ebitda), au regard – entre autres - de liens trop étroits entretenus avec son actionnaire principal, le fabricant chinois d’écrans BOE Technology. Pour la société française, il n’en est rien.
D’une part, "la consolidation des revenus des filiales et de la société mère (oubliée dans le rapport de Gotham City), qui est une société d’exploitation, nets des flux inter-compagnies, est égale au revenu consolidé du groupe", a-t-elle avancé. D’autre part, comme indiqué dans la première réponse, les ventes de composants à BOE sont neutralisées au travers de la consolidation et n’entrent pas dans le chiffre d’affaires du groupe. "Par conséquent, il n’y a pas de double comptage aller-retour entre SES-imagotag et BOE", affirme le groupe.
Des erreurs de calcul
Ce dernier a également été taxé, par GCR, d’induire ses investisseurs en erreur en consolidant dans ses états financiers l’intégralité d’une joint-venture détenue avec son actionnaire (à hauteur de 51 %). "SESL n’aurait pas atteint les prévisions de revenus pour 2021 et 2022 […] si la société avait choisi la méthode la plus conservatrice de la mise en équivalence pour comptabiliser la joint-venture", a ainsi pointé GCR.
À nouveau, il n’en est rien pour SES-imagotag : le groupe relève dans un premier temps une erreur de calcul de la part du fonds. En effet, la contribution de BOE Digital Technology aurait été de 19 millions d’euros et non de 31 millions d’euros comme avancé par le hedge fund. De plus, "il est rappelé que SES-imagotag détenait 51 % de cette entité et contrôlait son conseil d’administration. Il était donc obligatoire, selon les normes comptables IFRS, de consolider par intégration globale les états financiers". Et les pertes enregistrées par cette joint-venture ont également été intégrées aux comptes, ajoute SES.
Quant à la non-atteinte des objectifs qui aurait pu advenir en cas du choix d’une méthode comptable différente, la société française précise que depuis le quatrième trimestre de 2022, cette entité n’est plus consolidée. L’objectif de 800 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 2023 est pourtant maintenu.
Il reste aussi les accusations d’une rentabilité surestimée, de 106 % sur l’exercice 2022, "après prise en compte des revenus suspects de 2022 et de la capitalisation de ce qui semble être des dépenses d’exploitation standard". SES-imagotag assure, à ce sujet, être en position de leader grâce à ses innovations. Preuve en est, le dépôt de nombreuses demandes de brevets chaque année qui lui offre un portefeuille de propriété intellectuelle "inégalé parmi [ses] pairs". Le groupe l’assure : ses dépenses capitalisées rentrent en adéquation avec sa R & D et avec ses investissements en propriété intellectuelle.
En vertu de la loi
Concernant sa relation avec son actionnaire, jugée douteuse par GCR et qui pourrait donner lieu à des conflits d’intérêts, SES-imagotag se défend sur toute la ligne. Les contrats pour lesquels BOE est fournisseur sont soumis à des appels d’offres comme exigé par le droit français, font l’objet d’un vote au conseil d’administration en excluant la participation des administrateurs non exécutifs qui représentent l’actionnaire au board et la majorité des membres du comité d’audit, d’ESG, des nominations et des rémunérations sont des administrateurs indépendants.
La dernière accusation phare de GCR concernait la non-rentabilité du contrat remporté par l’entreprise française auprès du géant américain de la distribution Walmart. "Gotham City déforme grossièrement la relation et l’économie du partenariat en faisant de fausses suppositions", tance SES-imagotag. Par exemple, illustre le groupe, GCR l’accuse de vendre ses étiquettes électroniques à un prix de 5,30 euros par unité, tandis que le fonds estime le coût de la vente (en supposant qu’il reste à son niveau de 2022) à 6,66 euros.
Du côté de chez SES-imagotag, il est précisé que Walmart déploiera la plateforme VUSION de dernière génération du groupe, dans le cadre d’un programme de R & D en cours depuis dix années. Une information que le fonds aurait "délibérément" choisi de ne pas prendre en considération. Autre argument avancé : baser l’analyse des marges sur des ensembles de données historiques fondues les unes avec les autres "montre une compréhension limitée des moteurs de cette industrie. Cela reviendrait à extrapoler la rentabilité d’un nouveau modèle spécifique de smartphone en se basant sur la moyenne historique de coûts de revient de tous les smartphones de l’industrie". Soulignant enfin être soumis à des accords de confidentialité ne lui permettant pas de divulguer davantage d’informations financières, le groupe réaffirme que son contrat avec le géant américain est conforme à ses objectifs de croissance et de rentabilité, alignés sur le plan stratégique Vusion’27.
Un argumentaire donc déroulé ce lundi, mais sans lequel les actionnaires du groupe auront tout de même approuvé les comptes sociaux et consolidés du groupe, au titre de l’exercice 2022, lors de l’assemblée générale de SES-imagotag qui s’est tenue vendredi matin.
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