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SES-imagotag contraint de plaider à nouveau son innocence / Peu d'écho au second tir de Gotham City Research
La défense avancée par SES-imagotag semble avoir eu raison de la crédibilité accordée aux accusations de Gotham City Research (GCR) à l’encontre de la société française. Alors que la seconde partie du rapport "Une danse circulaire avec un tourbillon chinois" est parue vendredi matin, elle n’a produit aucun effet de panique à la Bourse de Paris. Mieux, pour SES-imagotag, le cours de son titre s’est même apprécié à la suite de sa sortie. L’action du spécialiste de l’étiquetage électronique pour la grande distribution a ainsi grimpé de près de 32 % sur la dernière séance de la semaine. À la clôture, son prix s'affichait à 116,2 euros.
S’il reste encore éloigné de son niveau d’avant la polémique (à 166,8 euros) le cours du titre remonte ainsi tout de même la pente, en comparaison aux plus de 50 % qu’il avait perdu lorsque l’affaire avait éclaté il y a un peu plus de deux semaines.
Il faut, en effet, souligner que la seconde partie du rapport a quelque peu manqué son effet de surprise. "Comme prévu, nous n’y trouvons rien de suffisamment convaincant pour nous faire changer d’avis", ont par exemple commenté les analystes de Stifel, qui avaient décidé de maintenir leur recommandation à l'achat après la publication de la première partie du rapport. "En outre l’incertitude disparaît et les investisseurs reviennent", ont-ils poursuivi. Chez Oddo BHF, la tonalité des commentaires s’accorde : "Une partie deux peu convaincante" ou "un deuxième volet assez creux", ont ainsi jugé les analystes.
Et à SES-Imagotag de ressortir les armes, à nouveau ce lundi, pour faire rempart face aux accusations de GCR qui, pour rappel, détient des positions à découvert sur la société : plus le cours du groupe français s’affiche à la baisse et plus ce dernier peut réaliser de profits.
Des fautes de frappe interprétées comme des fraudes ?
Dans le détail, la seconde partie du rapport reprenait les grands thèmes évoqués dans le premier, soit des irrégularités comptables et des problèmes de gouvernance. Quant à un comptage fallacieux des revenus de la société, SES-imagotag persiste et signe : il n’existe pas de double comptage des transactions réalisées entre la société et sa joint-venture chinoise, puisqu’elles sont éliminées des comptes consolidés de la société. Aussi, la trajectoire de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) est alignée avec les déclarations financières du groupe, "réalisées dans le cadre des standards comptables IFRS", souligne-t-il.
"Il y a en effet quelques fautes de frappe dans le rapport annuel", admet le groupe. Chez Stifel, s’il est soutenu que "Gotham montre que la communication financière de SES-imagotag pourrait être améliorée, […] cela ne démontre certainement pas une fraude".
Sur les accusations concernant la gouvernance du groupe, c’est l’indépendance de certains administrateurs (déclarés comme tels) de la société qui a cette fois été remise en cause. D’une part au regard d’une participation trop élevée détenue au capital de la société, d’autre part du fait de la détention éventuelle par ces administrateurs d’actions au travers de la holding du management SESIM.
Tout d’abord, a rappelé SES-imagotag dans son deuxième communiqué de défense, les administrateurs indépendants répondent aux critères "stricts" du code de la gouvernance des entreprises Afep-Medef. Soit de détenir moins de 10 % du capital d’une société, seuil à partir duquel le conseil pourrait s’interroger sur la qualification d’indépendants. "En incluant leurs participations directes ou indirectes dans la [société]", pointe le groupe.
Seulement un code de conduite
À noter, également, que le code de la gouvernance des entreprises, tel qu’énoncé par l’Afep et le Medef, constitue un code de conduite pour les entreprises qui choisissent de s’y soumettre et non un texte de loi. Concernant la holding du management SESIM, elle a "été pleinement divulguée dans tous ses aspects depuis sa création", fait valoir SES-imagotag. Tout en rappelant que ce type de véhicule d’investissement est commun aux sociétés cotées françaises, le groupe souligne également que ce genre de holding favorise l’intérêt de l’ensemble des participants avec "tous les actionnaires, ainsi qu’un véritable esprit d’entreprise et d’engagement à long terme".
Enfin, il reste l’accusation d’une détention non-déclarée du site autrichien de la société par deux membres du management de SES-imagotag. Trompeuse, à nouveau, se défend la société. L’accord avec les parties aurait été conclu dans des conditions de pleine concurrence et ferait l’objet d’un rapport annuel aux commissaires aux comptes. Et à nouveau, il peut être rappelé que la location d’un bâtiment à des mandataires sociaux s’inscrit dans la légalité, dès lors qu’elle est déclarée et réalisée dans des tarifs rentrant en adéquation avec les conditions de marché.
La seconde salve d’accusations n’aura peut-être pas eu le même effet que la première mais l’image et le cours de Bourse de SES-imagotag en ressortent tout de même entachés. Comme indiqué précédemment, GCR est un short-seller : il a donc profité de la baisse du prix de l’action. Si les montants qu’il a pu en tirer n’ont pas été estimés, la publication des rapports organisée en deux volumes peut néanmoins laisser présager que le hedge fund avait parié sur la poursuite de la chute du titre.
Les investisseurs n’ont donc finalement pas prêté d’importance à la seconde partie des accusations. Ils sont même comme venus au secours de la société française en faisant grimper son titre vendredi. Ce lundi, il a atteint un plus-haut à près de 122 euros en début de séance. Mais le groupe n’en restera pas là : comme déjà indiqué dans de précédentes communications et "compte tenu du préjudice considérable causé par cette attaque répétée", SES-imagotag a déposé plainte auprès du Parquet National Financier pour diffusion d’informations fausses et trompeuses. L’Autorité des marchés financiers a elle-aussi été réquisitionnée, la société lui ayant ainsi fait part des nombreux manquements à la réglementation commis par GCR.
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