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Professions financières / activisme actionnarial / Alvarez & Marsal / fonds activistes / industrie française

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activisme actionnarial / Alvarez & Marsal / fonds activistes / industrie française

Activisme actionnarial en France : le calme avant la tempête ? / Etre rentable ne suffira pas

Certes, dans le retour en force post-pandémique des fonds activistes, les entreprises françaises ont pour le moment été assez épargnées du fait notamment de leurs bons résultats financiers. Mais ceux-ci ne les protègent pas pour autant, les exigences de transparence en matière climatique, poussées par la réglementation européenne, suscitent une intransigeance toujours plus accrue de la part des fonds.
Paris (Photo by Emmanuel DUNAND / AFP)
Paris (Photo by Emmanuel DUNAND / AFP)

La banque Lazard l’avait fait observer il y a quelques jours dans sa dernière étude sur l’activisme actionnarial. L’appétit des fonds activistes pour les entreprises françaises s’est amoindri au cours du premier semestre. Un constat partagé par le cabinet de conseil Alvarez & Marsal. "C’est dans le secteur de l’industrie que le nombre de cibles en France a décru le plus, l’attention des activistes sur ce secteur s’étant déportée vers l’Allemagne, les investisseurs jugeant les performances des acteurs français supérieures", explique Guillaume Martinez, associé en charge de l’activité corporate transformation services en France chez Alvarez & Marsal lors d'un entretien accordé à WanSquare. 

Du fait notamment de leur bonne rentabilité et de leur capacité à savoir gérer du cash, le nombre de cibles françaises potentielles dans ce secteur est en effet passé, au cours de l’année écoulée selon la société de conseil, de 10 à 6 tandis que leurs homologues allemandes représentent désormais un tiers du nombre total de cibles identifiées, soit 11 campagnes.

 

Le climat n’a plus de saison

 

Cependant, le rapport montre qu’au cours des douze prochains mois, ces sociétés ne seront pas complètement sorties du radar des fonds activistes. "La hausse du coût du capital sera un facteur majeur des campagnes activistes en 2023 en 2024, et les entreprises devront s’efforcer de répondre à ce challenge en optimisant leur structure de capital et leurs performances opérationnelles pour ne pas devenir la cible d’un activiste", poursuit Guillaume Martinez.

Surtout, si les entreprises britanniques – le Royaume-Uni est le terrain de jeu favori des fonds depuis des années - et allemandes devraient à nouveau être les plus visées, à mesure que la transition vers "le net zero" devient de plus en plus pressante, des campagnes environnementales pourraient continuer d’être lancées en Europe, et ce même hors assemblée générale. " L’industrie et plus particulièrement le secteur la consommation seront les premiers secteurs concernés en Europe en raison des exigences accrues en matière de transparence des chaînes d’approvisionnement mais aussi des problématiques de diversité et d’inclusion ", prévient Alvarez & Marsal.

Rappelons en effet que la réglementation européenne en matière climatique s’est considérablement renforcée depuis 2019 avec le lancement du "Green deal" visant une neutralité carbone dès 2050, le règlement Taxonomie (déclaration de performance extra-financière applicable depuis le 1er janvier 2022) ou encore la directive CSRD qui obligera, à compter de 2024, toutes les sociétés cotées européennes à publier chaque année un reporting de durabilité de leurs activités prenant en compte l’ensemble de leurs fournisseurs. En France, l’on estime à 50 000 le nombre d’entreprises qui seront visées à terme par cette réglementation.

 

La Tech dans le viseur

 

Mais les industriels ne sont les seuls à devoir s’inquiéter. Les entreprises appartenant au secteur des technologies et de la communication devraient également, selon Alvarez & Marsal, faire l’objet d’une attention toute particulière de la part des fonds, en raison notamment de leur sous-performance par rapport leurs concurrentes mondiales en termes de chiffres d’affaires par employés, de marge de résultat d’exploitation et de génération de cash.

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