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Banque / BNP Paribas / Alvarez & Marsal / ESG / performance
ESG : les banques françaises peuvent encore mieux faire
Plutôt que de simplement vouloir se conformer à la réglementation, les banques devraient plutôt voir les sujets environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) comme de magnifiques opportunités commerciales. Selon l’étude PACE réalisée par le cabinet international Alvarez & Marsal, les revenus liés à cette thématique pourraient en effet s’élever à 295 milliards d’euros pour l’ensemble du secteur mondial. Mais pour atteindre cet objectif, encore faut-il y mettre les moyens : selon l’étude, les 25 plus grandes banques européennes et nord-américaines étudiées pourraient consacrer à la finance durable jusqu’à près de 13 milliards d’euros d’ici 2030, soit l’équivalent de 37% du total des actifs bancaires.
Les banques britanniques en tête
En attendant, un état des lieux s’impose. Dans cette optique, Alvarez & Marsal a réalisé un classement de ces banques selon quatre critères (le déploiement d’une offre de produits "verts", l’alignement de leurs portefeuilles de crédit sur l’objectif de neutralité carbone, le conseil et l’apport de solutions clients et enfin l’accompagnement des clients dans l’exécution opérationnelle de leur transition énergétique) permettant de définir celles considérées comme les mieux positionnées aujourd’hui pour tirer financièrement profit de l’ESG.
Et sur la base de tous ces critères réunis, force est de constater que les banques britanniques font la course en tête et accaparent le podium. La banque NatWest est en effet, en matière de durabilité, la plus performante des 25 premières banques européennes et nord-américaines, devant Barclays et HSBC alors que les banques américaines figurent parmi les moins bien placées, payant ainsi leur manque d’engagement en matière d’ESG, selon l’étude. JP Morgan Chase & Co est la seule à faire partie du top 10.
Même constat pour les banques françaises, BNP Paribas fait figure d’exception en arrivant en cinquième position au niveau mondial loin devant Crédit Agricole (14ème), Société Générale (15ème) et BPCE (20ème).
Des banques françaises douées dans l’accompagnement
Cependant dans le détail, les banques françaises sont surtout globalement performantes sur le critère de l’accompagnement dans la transition énergétique de leurs clients. Pour cette activité, deux d’entre elles se trouvent d’ailleurs dans le top 5 des meilleurs acteurs mondiaux, BNP Paribas arrivant en tête du classement alors que Crédit Agricole prend la troisième place.
Les banques françaises sont néanmoins beaucoup moins bien positionnées sur les autres critères et notamment s’agissant de la répartition des portefeuilles de crédit (BNP Paribas au 10ème rang aujourd’hui, BPCE 11ème, Crédit Agricole 12ème et Société Générale 13ème).
Dans ce contexte, des efforts sont encore à mener pour qu’elles puissent tirer pleinement parti de l’ESG, d’autant que selon l’étude, la répartition du pool de revenus par région montre que l’Europe et l’Amérique du Nord représenteront à elles seules 46% du pool de revenus total, soit 135 milliards d’euros. "Au-delà du rôle d’accompagnatrices de la transition écologique qu’elles ont assumé jusqu’ici, les banques françaises devront désormais réfléchir aussi à la façon de gérer proactivement leurs portefeuilles de crédit ", conseille Nicolas Taufflieb, associé en charge de l’activité Financial Industry Advisory Services chez Alvarez & Marsal.
BNP Paribas devrait pouvoir y parvenir. Rappelons que dans le cadre de son plan stratégique GTS 2025 (Growth, Technology, Sustainability), la banque tend à favoriser le déploiement de la finance durable. Ainsi, 350 milliards d’euros doivent être mobilisés d’ici 2025 au travers d’activités de crédit et d’émission obligataires durables, liées aux sujets environnementaux et sociaux avec l’objectif d’atteindre 300 milliards d’euros d’investissements responsables et durables gérés à cette date. Pour y parvenir, le groupe souhaite notamment aligner ses portefeuilles sur son engagement de neutralité carbone en réduisant les financements pour les secteurs les plus fortement émetteurs d’émission de CO2.
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