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CAC 40 / Bourse / Indices / performance / Valorisation
Le CAC 40 a vu la vie en vert en 2021
Dans un marché actions euphorique tout au long de l’année 2021, il est malgré tout possible de distinguer les grands gagnants des autres – en Bourse, les performances n’ont souvent de sens qu’en termes relatifs pour les investisseurs.
Le CAC 40, qui regroupe les 40 plus grandes capitalisations de la Bourse de Paris (pondérés par les volumes d’échange), a progressé de 29%. Une performance exceptionnelle et jamais vue depuis 1999, dont témoignent encore les records atteints mardi dernier à la clôture et mercredi en séance (où la barre des 7 200 points a été dépassée). La tendance est d’autant plus rare que la totalité des sociétés qui composent l'indice pourrait terminer l’année dans le vert – à moins que Thales, en queue de peloton avec une hausse depuis le 1er janvier de 0,9% à 15h30 aujourd’hui, et Danone (+2,3%) ne reculent significativement au cours de la demi-séance de demain.
Les entreprises qui affichent la plus forte croissance montrent une grande hétérogénéité. Ce qui illustre le fait que le rebond a bénéficié à la fois aux secteurs qui ont davantage profité de la crise et aux secteurs malmenés en 2020 mais qui ont bénéficié de leur valorisation devenue attrayante pour rebondir une fois que le pire de la crise fut passé. Le Top 5 est composé, par ordre décroissant, de la Société Générale (+78%), Hermes (+75%), Capgemini (+71%), Veolia (+67%) et Saint-Gobain (+66%).
La première place occupée par la banque de La Défense peut surprendre ; mais il faut se souvenir qu’elle a grandement souffert de la volatilité des marchés financiers lors du confinement en 2020, en accusant des pertes surprise qui ont décontenancé les investisseurs. Son redressement témoigne d’une réaction face à une correction boursière que d’aucuns ont pu penser exagérée, mais aussi à un flux de nouvelles positif : un redressement financier rapide avec un enchaînement de résultats record, une nouvelle stratégie dans sa banque de financement et d’investissement – notamment la restructuration de ses activités de marché, cause de ses pertes en 2020 – ainsi que la refonte de son réseau de banque de détail. BNP Paribas, à l’histoire beaucoup moins troublée et à l’expansion européenne réussie, affiche un parcours moins flamboyant que sa rivale (+41% tout de même, à la 15e place), mais pimenté par des résultats très solides et par la vente à très bon compte de sa filiale commerciale américaine Bank of the West – preuve de sa capacité à créer de la valeur.
La présence du luxe dans le Top 5 est, elle, moins surprenante. C'est un secteur résistant pendant les crises, ses clients étant en général davantage protégés. En dehors de l'infatigable Hermès (dont la valorisation stratosphérique commence à interloquer la communauté des analystes mais ne semble pas effrayer les investisseurs), LVMH a passé une excellente année boursière (+43%) – même si Kering (+19%) a moins progressé que la moyenne du CAC 40 en raison de sa trop grande dépendance à l’égard de Gucci, dont les performances ont déçu cette année.
Veolia a bénéficié de sa situation de leader mondial dans un secteur (les services aux collectivités) à la fois défensif et positionné sur la tendance d’avenir de la transition environnementale et de l’acquisition de son grand rival Suez, qui va renforcer ses positions à l’international. A cet égard, Veolia profite de la maturité acquise par les investisseurs à l’égard des grandes manœuvres, auxquelles ils réagissent positivement quand la stratégie de long terme est cohérente. Plus largement, les acteurs de la transition énergétique ont également traversé l’année 2021 sans encombre en Bourse – l’action Schneider Electric s’est adjugée 47% et Legrand 42%.
La sixième place acquise par le groupe de laboratoires d’analyses Eurofins Scientific (+61%) illustre des conséquences de la crise sanitaire, dont il est l’un des bénéficiaires. Son parcours boursier a d’ailleurs été récompensé en septembre dernier par son entrée dans l’indice CAC 40. Mais les investisseurs sont sélectifs, même dans le secteur de la santé : le géant Sanofi, l’un des perdants de la course au vaccin contre le Covid-19, s’est adjugé moins de 14% cette année.
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