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Taux-dette souveraine / Chine / Indices
Les obligations chinoises, nouvel eldorado pour les investisseurs ?
Le processus d'ouverture des marchés financiers chinois aux investisseurs étrangers se poursuit. Hier soir, le fournisseur d'indices FTSE Russell a annoncé l'intégration des obligations chinoises dans son indice souverain, le World Government Bond Index (WGBI), à partir d'octobre 2021. Cette inclusion devrait donner aux investisseurs internationaux un moyen supplémentaire d'investir dans la dette chinoise et pourrait attirer entre 125 et 150 milliards de dollars sur la période de mise en place progressive, selon les estimations des analystes, citées par le cabinet de recherche financière sur la Chine, Red Pulse. "Sur la base de l'estimation d'une pondération de 5 à 6 % dans le WGBI et de 2.500 milliards de dollars US dans les fonds qui suivent l'indice, l'inclusion amènera 125 à 150 milliards de dollars US sur le marché obligataire chinois dans les 18 à 24 prochains mois", explique le cabinet. Le FTSE Russell est le dernier des trois principaux compilateurs d'indices à ajouter la dette chinoise après Bloomberg Barclays et JPMorgan Chase & Co.
L'intégration survient à un moment où la dette européenne et américaine a rarement aussi peu rapporté, alors que les Treasuries 10 ans s'échangent actuellement à un rendement de 0,59% et que le Bund comme l'OAT se traitent à des taux négatifs depuis plus d'un an. De ce point de vue, les obligations chinoises de même échéance, qui s'échangeaient ce matin à 3,12%, constituent donc un placement bien plus rentable pour les investisseurs. L'écart de taux Chine-USA a même atteint un plus haut historique, et devrait susciter un certain rééquilibrage de portefeuille, en faveur de Pékin. Certes, la dette chinoise est moins bien notée que celle des États-Unis (A+ selon Fitch pour la Chine contre AAA pour les USA), limitant de fait les possibilités de rotation. Mais le pays, plus tôt frappé que le reste du monde par la pandémie, devrait être le seul État au monde à afficher un niveau de PIB positif cette année, constituant un argument d'investissement supplémentaire.
D'autant que la Chine a procédé à plusieurs réformes sur son marché obligataire depuis un an, afin d'en accroître son accessibilité et sa liquidité pour les investisseurs, après que le FTSE ait rejeté il y a un an sa candidature pour entrer au sein du WGBI. Ces efforts, qui lui ont permis d'entrer au sein de l'indice, vont également aider la dette souveraine chinoise à attirer davantage d'investisseurs internationaux. Selon les estimations de Goldman Sachs, ceux-ci devraient majoritairement provenir du Japon, des États-Unis et du Vieux Continent.
Les investisseurs ont d'ailleurs déjà accru leur exposition à l'Empire du Milieu ces dernières années : les achats d'obligations chinoises par des étrangers ont bondi de 40% par an depuis 2017 pour atteindre un record de 383 milliards de dollars à la fin du mois de juin, selon les données de la Banque populaire de Chine. "Alors que l'économie continue de se développer, le marché obligataire onshore de la Chine pourrait s'étendre à environ 30 000 milliards de dollars d'ici 2030, contre environ 16 000 milliards de dollars aujourd'hui. Pourtant, les investisseurs étrangers ne détiennent que 2 % des obligations chinoises onshore aujourd'hui, contre 18 à 60 % sur la plupart des marchés développés. Étant donné que la Chine est la deuxième économie mondiale, de nombreux investisseurs ont une exposition relativement faible à ce pays", explique ainsi Edmund Goh, Directeur d'investissement chez Aberdeen Standard Investment. Qui estime que la tendance devrait donc se poursuivre, à mesure que les dirigeants politiques ouvrent leur économie. Attention toutefois aux problèmes de gouvernance des entreprises chinoises, avertit le directeur d'Aberdeen. "Nous pensons que la recherche fondamentale est nécessaire avant d'investir", conclut le gérant.
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