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La sélection des premières de classe French Tech, toujours d'actualité ? / La part belle aux licornes dans un changement de paradigme
Il y a comme un air de rentrée des classes dans la French Tech. L’Élysée a dévoilé, hier, la liste de la quatrième promotion French Tech Next 40 et 120. Pour avoir une place dans l’une des deux classes, deux critères : les levées de fonds et l’hyper croissance. Pour le Next 40, les start-up sélectionnées se doivent d’être des licornes (valorisées à plus d’un milliard de dollars) ou d’avoir réalisé une levée de fonds d’au moins 100 millions d’euros entre 2020 et 2022. Les jeunes pousses admises au sein du Next 40 sont automatiquement intégrées dans le FT 120.
Pour intégrer ce dernier, il est nécessaire d'avoir levé au minimum 40 millions d’euros sur la période 2020-2022. Du côté de l’hyper croissance, les start-up sélectionnées sont celles à avoir réalisé un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros sur le dernier exercice fiscal, ou une croissance moyenne de 25 % sur les trois derniers exercices clôturés.
Les composantes de ces deux "indices" qui n’en sont pas vraiment, puisque l’ensemble des entreprises qui y sont regroupées ne sont pas cotées en Bourse, bénéficieront pendant une année d’un accompagnement dédié et d’un bénéfice de visibilité. L’année 2022 aura été synonyme de nouveaux record en matière de levée de fonds pour la French Tech. Mais l’inflexion observée dans ces dernières au deuxième semestre, au regard du contexte macroéconomique, ont poussé plusieurs experts à se rejoindre sur un constat : celui d'un changement de paradigme. "Le critère absolu n'est plus vraiment l'hyper croissance, puisque l'argent est plus rare", expliquait alors déjà Franck Sebag, associé chez EY, à WanSquare.
Certains perdants
"Effectivement, Meilleurtaux ne rejoint pas la promotion 2023 du FT120/Next40. C’est une situation logique : depuis deux ans, Meilleurtaux a grandi, s’est développé et s’est consolidé : nous avons embauché (beaucoup, plus de 500 profils), nous avons poursuivi notre diversification, et la force de notre modèle économique est aujourd’hui matérialisée par la rentabilité constante de nos activités depuis quelques années (…).", tweetait par exemple, après la publication des lauréats, la fintech Meilleurtaux.com, spécialisée dans le courtage en produits financiers. Belle joueuse, la start-up laisse sa "place à d’autres talents français, qui bénéficieront pleinement du soutien indispensable qu’offre la French Tech à l’écosystème start-up français". Mais le propos de la start-up souligne tout de même les interrogations quant aux critères de sélection de l'indice, qui excluent la rentabilité, la diversification ou le nombre d'embauches.
Des interrogations qui peuvent aussi être reliées à la place naturelle qui revient aux licornes dans le Next 40. Être valorisée à plus d’un milliard de dollars ne garantit pas toujours une bonne santé financière ou des performances d'activité. En témoignent les licenciements survenus chez le spécialiste du reconditionnement d'appareils électriques et électroniques BackMarket en début d’année. La licorne s’est ainsi séparée de 13 % de ses effectifs, soit 93 salariés. Des levées de fonds conséquentes permettent bien de financer une croissance rapide, notamment en recrutant rapidement de nouveaux collaborateurs. Mais en cas de ralentissement, les start-ups peuvent aussi rapidement rééquilibrer leurs finances en licenciant leurs salariés. Et ces licenciements sont, par ailleurs, intervenus un an après l’annonce, par la licorne, d’une levée de fonds de 450 millions d’euros, sur une valorisation à 5,1 milliards d’euros.
Les critères de sélection de ces jeunes pousses ne restent, en revanche, pas figés dans le marbre : celui de levée de fonds a par exemple été relevé de 20 millions l'année passée à 40 millions cette année, afin de pouvoir notamment sélectionner des start-ups DeepTech ou industrielles ayant besoin de davantage de financements pour soutenir leur recherche et développement ou leur sites industriels. Il a aussi été demandé à la promotion 2023 de prendre des engagements en matière de parité (transmission du résultat d'index d'égalité hommes/femmes et proposition d'actions pour les améliorer), d'inclusion (à préciser dans le courant du premier semestre 2023) et de transition écologique (réalisation d'un bilan carbone scope 1, 2 et 3 d'ici la fin de l'année 2023). Reste à voir s'il sera demandé, à la prochaine promotion, de faire état de davantage de solidité financière.
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