Fusions, Acquisitions / Euronext / Borsa Italiana / lse / CDP / Cassa Depositi e Prestiti / Intesa Sanpaolo
Fusions, Acquisitions
Euronext / Borsa Italiana / lse / CDP / Cassa Depositi e Prestiti / Intesa Sanpaolo
Euronext en passe de réaliser son rêve italien
En s’associant avec la Cassa depositi e prestiti (CDP), l’équivalent italien de la CDC, et la banque transalpine Intesa Sanpaolo pour acquérir Borsa Italiana et MTS (la plate-forme électronique d’échange de titres d’Etat), Euronext avait mis toutes les chances de son côté. A raison, puisque London Stock Exchange Group (LSEG), l’opérateur de la Bourse de Londres et propriétaire des deux actifs en vente, l’a choisi, une semaine après la date limite de dépôt des offres. "LSEG a reçu et étudié plusieurs propositions concurrentes provenant de plusieurs parties pour MTS et Borsa Italiana. LSEG confirme être entré dans des négociations exclusives avec Euronext ", indique l’opérateur britannique.
Euronext est donc passé devant Deutsche Börse, son concurrent allemand, et SIX, son concurrent suisse, lesquels, dans des communiqués, prennent acte de l’annonce de ce matin.
Dans la course à la concentration des Places de marché mondiales, plusieurs acteurs ont émergé : Euronext (qui regroupe Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne, Dublin et Oslo), SIX (qui a acquis la Bourse espagnole BME au nez et à la barbe d’Euronext fin 2019), Deutsche Börse et… le Nasdaq américain, qui a acquis l’opérateur scandinave et baltique OMX en 2008. LSEG, qui a longtemps trôné dans le trio mondial avant l’émergence des Bourses chinoises, est loin devant en Europe. Mais il accorde aujourd’hui sa priorité à la commercialisation d’informations financières en acquérant Refinitiv pour 27 milliards de dollars (c’est la raison pour laquelle il cède Borsa Italiana).
Avec la victoire (qui reste à confirmer) d’Euronext, SIX voit son projet de "création d’un champion européen d’envergure mondiale" (tel que l’annonçait son patron hier dans la presse italienne) contrarié, tandis que Deutsche Börse reste seul, après l’échec de sa vente à LSEG en 2017 et malgré les velléités d’acquisitions de son patron Theodor Weimer proclamées en mai dernier.
Euronext, à l’inverse, voit son ambition de devenir le champion européen récompensée en acquérant le groupe Borsa Italia. Outre la Bourse de Milan et MTS, l’opérateur se renforcera dans ses activités de compensation (en mettant la main sur CC&G) et de dépositaire de titres (avec Monte Titoli), lui qui vient d’acquérir son équivalent danois VP Securities. Signe qu’il devient clairement international, l’Italie deviendra le premier contributeur à son chiffre d’affaires, passant devant la France (qui en représente aujourd’hui 49%). La victoire d'Euronext a été très positivement perçue par le marché : l’action s’est adjugée plus de 6% en cours de séance.
Le prix n’a toujours pas été communiqué, mais les analystes valorisent l’ensemble entre 3,5 et 4 milliards d’euros. Le consortium entend financer l’acquisition avec sa trésorerie, un recours à la dette et une augmentation de capital. Cette augmentation sera souscrite par CDP Equity (le bras d’investissement de la CDP) et Intesa Sanpaolo, qui deviendront actionnaires "de long terme" d’Euronext.
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