WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Intesa Sanpaolo / Unicredit / Banco BPM / BPER Banca / Monte dei Paschi di Siena

Entreprises / Actions
Intesa Sanpaolo / Unicredit / Banco BPM / BPER Banca / Monte dei Paschi di Siena

Les banques italiennes engrangent des bénéfices records / 2024 s’annonce un peu moins porteuse

Les grandes banques italiennes ont connu une année 2023 record en termes de bénéfices, portées par la baisse des provisions sur leurs prêts non performants, et surtout par la hausse de leur marge nette d’intérêt. Des performances historiques dont vont bénéficier leurs actionnaires, tandis que le renforcement de leur capital leur permettra de faire face à un environnement opérationnel qui s’annonce un peu moins favorable en 2024.
UniCredit a dégagé 9,5 milliards d'euros de bénéfice net en 2023 - Photo by GABRIEL BOUYS / AFP
UniCredit a dégagé 9,5 milliards d'euros de bénéfice net en 2023 - Photo by GABRIEL BOUYS / AFP

Après une année 2022 déjà faste, 2023 aura été un excellent millésime pour le secteur bancaire italien. Les résultats records enregistrés au cours de l’exercice écoulé par Intesa Sanpaolo, UniCredit, Banco BPM, BPER Banca, et Monte dei Paschi di Siena (MPS), témoignent de la solidité des grands établissements de la péninsule. Avec 22,1 milliards d’euros de bénéfices nets cumulés, en hausse de 73% par rapport à l’année précédentes, les cinq plus grandes banques italiennes n’ont jamais été aussi rentables. Avec une tendance qui est allée crescendo tout au long de l’année, le bénéfice agrégé s’étant élevé à 6,3 milliards d’euros au quatrième trimestre.

Dans le détail, c’est la deuxième plus grosse banque du pays, UniCredit, qui a dégagé l’an dernier le bénéfice net le plus important, d’un montant de 9,5 milliards d’euros, permettant à l’établissement de signer "sa meilleure année de tous les temps", a souligné son directeur général depuis 2021, Andrea Orcel, fort d’un douzième trimestre consécutif de croissance rentable. La première banque italienne Intesa Sanpaolo n’a pas non plus démérité avec ses 7,7 milliards d’euros. Suivent MPS (2,05 milliards d’euros), BPER Banca (1,6 milliard d’euros), Banco BPM (1,26 milliard d’euros).

 

Des provisions pour pertes sur prêts divisées par deux

 

Indicateur clé, le rendement des fonds propres (return On Equity ou ROE) des banques italiennes a quasiment doublé, passant de 7,7% en 2022 à 14,5% en 2023. Des performances reluisantes, générées tout à la fois grâce à des revenus plus élevés, une bonne maîtrise des coûts et un recul des provisions pour pertes sur prêts. Celles-ci "ont diminué de 48% en 2023 par rapport à l’année précédente, ou de 22% par rapport à l’année précédente si l’on exclut la portion de provisions qui, l’année dernière, était due à un certain nombre d’ajustements de l’exposition directe des banques à la Russie", explique Andrea Costanzo, analyste chez Morningstar DBRS.

Bien sûr, la manne des taux d’intérêt aura été l’un des principaux moteurs de la performance des établissements transalpins l’an dernier. La remontée des taux de la Banque centrale européenne (BCE) leur a, en effet, donné l'occasion d'augmenter leurs marges en prêtant plus cher aux entreprises et aux particuliers. Leurs revenus nets d’intérêt ont ainsi bondi de 45% au total l’an dernier. C’est d’ailleurs cet effet d’aubaine de la hausse des taux qui avait incité le gouvernement de Giorgia Meloni à décider d’une taxe sur les superprofits des instituts de crédit, avant de faire machine arrière.

Pas de "supertaxe" donc mais des distributions plus généreuses aux actionnaires par le biais de dividendes et aussi de rachats d'actions dans certains établissements. Monte dei Paschi di Siena, la plus vieille banque du monde, qui a dégagé en 2023 un bénéfice net bien supérieur aux attentes à plus de 2 milliards d’euros, compte verser des dividendes à ses actionnaires pour la première fois depuis treize ans. De son côté, UniCredit va reverser aux investisseurs 8,6 milliards d'euros par le biais de rachats d'actions et de dividendes sur ses bénéfices en 2023, ce qui correspond à 100% de son bénéfice sous-jacent.

 

Stratégies de couverture

 

Également, alors que le gouvernement de Giorgia Meloni a finalement permis aux banques de choisir si elles préféraient payer la taxe sur les "surprofits" ou augmenter leurs réserves en capital, elles ont toutes choisi la seconde option. Ce qui fait que leur ratio de solvabilité Common Equity Tier1 (CET1) a été porté à 15,3% en moyenne à la fin de 2023, contre 14,1% un an plus tôt. Soit un coussin moyen de plus de 620 points de base au des exigences minimales. Une situation, qui associée au profil de risque plus solide des établissements, "place les banques italiennes dans une meilleure position pour naviguer dans un environnement opérationnel qui sera probablement moins favorable en 2024", prévoit Andrea Costanzo, de Morningstar.  

De fait, alors que la BCE est entrée dans une phase de stabilisation de ses taux d’intérêt à l’automne dernier, "les revenus nets d’intérêts [des banques italiennes] ont probablement atteint leur apogée en 2023", poursuit l’analyste, qui anticipe "une tendance moins favorable au cours des prochains trimestres" alors que les marchés anticipent que la BCE abaissera ses taux cette année. Les établissements font face par ailleurs à une hausse des coûts de financement tandis que la rémunération des réserves obligatoires est devenue nulle depuis septembre. Pour autant, les marges moyennes des banques italiennes "devraient rester supérieures aux niveaux historiques", estime Andrea Costanzo, notamment grâce aux stratégies de couverture qu’elles ont mise en œuvre afin d’atténuer l’impact négatif des baisses de taux d’intérêt envisagées sur leur revenu net d’intérêt.

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article