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Le Crédit Agricole ne renonce pas à ses ambitions italiennes
Déjà solidement implanté en Italie, le Crédit Agricole ne s’en contente pas. La banque mutualiste française a annoncé hier soir l’acquisition de 9,2% du capital de l’établissement transalpin Banco BPM.
Si elle précise dans son communiqué qu’elle "n’a pas sollicité l’autorisation des autorités de tutelle pour franchir le seuil de 10% du capital de Banco BPM", donc qu’elle ne cherchera pas à en prendre le contrôle, l’initiative est de nature totalement stratégique. L’intérêt de cette prise de participation est de consolider les relations entre les deux groupes.
Car Banco BPM est un partenaire commercial de longue date du Crédit Agricole en Italie, qui est son deuxième marché après la France après avoir acquis Cariparma en 2007, trois établissements locaux en 2017 et Credito Valtellinese (Creval) en avril 2021. Ils ont en effet créé en 2008 un joint-venture très important dans le crédit à la consommation, baptisé Agos : il est le leader du marché dans la péninsule. Ce partenariat a été renforcé depuis à plusieurs reprises. Crédit Agricole Consumer Finance en détient 61% et Banco BPM le solde.
Prendre une participation - même très minoritaire - est intelligent pour deux raisons.
L’initiative donne un avantage au Crédit Agricole pour signer d’autres contrats avec Banco BPM. Il n’a ainsi pas échappé au mutualiste que son partenaire milano-véronais allait remettre en jeu son partenariat dans l’assurance : le partenariat de Banco BPM avec Covéa a, en juin dernier, été prolongé jusqu’à la fin de l’année prochaine et l’Italien dispose d’une option d’achat sur la part de 81% que détient l’assureur français dans leur joint-venture Bipiemme Vita jusqu’au 31 décembre 2023. La même chose devrait se produire dans la gestion d’actifs dans les années qui viennent. Nouer des accords dans ces métiers l'intéresse fortement. "Le Crédit Agricole est disposé à élargir le champ des partenariats stratégiques avec Banco BPM", indique d’ailleurs l’établissement français. Banco BPM, issu de la fusion entre Banco Popolare et Banca popolare di Milano en 2017, est la troisième banque d’Italie par la valeur de ses actifs, derrière Intesa Sanpaolo et UniCredit, et détient la première place en termes de parts de marché dans la puissante Lombardie. Elle affiche également quatre millions de clients, 1 400 agences et emploie 22 000 salariés.
Deuxième raison, le secteur bancaire italien est en pleine recomposition et Banco BPM fait l’objet de convoitises - des rumeurs insistantes mentionnaient en février dernier l’intérêt d’UniCredit, notamment. D’autres, cinq mois plus tôt, avaient même évoqué des négociations entre Banco BPM et le Crédit Agricole - qui a par ailleurs échoué à séduire Banca Carige en janvier dernier. Sans s’astreindre à prendre une participation dans Banco BPM qui serait trop contraignante, monter à près de 10% de son capital permet au Crédit Agricole de décourager les velléités d’OPA de concurrents, puisqu’il rend désormais impossible un retrait de cote, voire d’entrer lui aussi dans la course en apparaissant comme un chevalier blanc.
Coté à la Bourse de Milan, Banco BPM capitalisait 4,1 milliards d’euros jeudi soir. La participation acquise par le Crédit Agricole représente théoriquement près de 380 millions d’euros au cours de clôture d’hier - ce montant ne représente toutefois pas le coût d’achat puisque sa prise de position résulte "d’achats sur le marché" réalisés sur au moins plusieurs jours, précise le groupe hexagonal.
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