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IPO / Euronext / Borsa Italiana / bourse de milan / IPO / introduction en Bourse / Cotation / large cap / mid cap

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Euronext / Borsa Italiana / bourse de milan / IPO / introduction en Bourse / Cotation / large cap / mid cap

Opération séduction pour Borsa Italiana / La bourse de Milan simplifie ses règles de cotation pour (mieux) attirer les mid et large caps

Alors que de grandes entreprises familiales italiennes semblent fuir, depuis cet été, la bourse de Milan, cette dernière ne se montre pas inquiète. Mieux, elle a décidé de se rendre plus attractive en allégeant considérablement ses règles de cotation. Une simplification qui lui permettra sous peu d'accéder à l'ensemble du marché européen d'Euronext. 
Bourse de Milan (©Enzo LOMONACO/ROPI-REA)
Bourse de Milan (©Enzo LOMONACO/ROPI-REA)

La bourse de Milan aurait-elle du mal à conserver les poids lourds du marché italien ? Ce week-end encore, la holding De Agostini, propriété de la famille, Boroli-Drago, faisait part de son intention de privatiser son véhicule d'investissements financiers DeA Capital, dont il détient une participation de 67%, en dépensant plus de 128 millions d'euros pour racheter d'autres investisseurs minoritaires, et de le retirer de la cote. Ce départ n'est que le dernier, à date, d'un inquiétant mouvement de sortie de cotation ou de transfert engagé par de grandes familles emblématiques de la botte, débuté cet été. En effet, le 28 juillet dernier, c’est Exor, la holding des Agnelli, investisseurs du constructeur automobile Stellantis et actionnaire de contrôle de sociétés telles que Ferrari ou CNH Industrial, qui annonçait le transfert de ses activités à Amsterdam. Plus récemment, en novembre, le groupe Atlantia, de la famille Benetton, à la tête du plus grand réseau autoroutier transalpin, a décidé de se "délister" quand le fabricant de chaussures de luxe, Tod’s, a tenté, quant à lui, en vain, quelques semaines plus tôt, par le biais d’une offre publique d’achat (OPA) lancée par la famille fondatrice Della Valle, de quitter la bourse de Milan. Au total, au 2 décembre, 21 retraits de cote avaient été opérés depuis le début de l’année à Borsa Italiana.

 

Pas de désamour

 

Un chiffre qui est pourtant loin d’inquiéter ses dirigeants. "Il n’existe pas de phénomène particulier de ‘delisting‘ à la bourse de Milan. La tendance est même plutôt stable. 19 sociétés sont sorties de la cotation l’année dernière, 21 en 2020, 17 en 2019 et 15 en 2018", assure à WanSquare Barbara Lunghi, responsable des cotations d’actions en Italie chez Euronext. Les cas cités seraient donc particuliers. Exor expliquait, par exemple, cet été dans un communiqué sa décision comme un alignement de son lieu de cotation avec sa structure juridique en tant que société enregistrée aux Pays-Bas. A l’inverse, les sociétés du groupe opérant en Italie telles que Ferrari ou Stellantis continuent bien, elles, d’être inscrites à Borsa Italiana. "Les raisons pour lesquelles les entreprises quittent la cotation sont cycliques. Pour une grande partie, elles font l'objet de transaction, de fusion-acquisition… Autant d’opportunités qui peuvent un jour les conduire à se réintroduire en bourse à nouveau", souligne Barbara Lunghi.

L’année 2022 serait même un bon cru en termes d’introduction en bourse (IPO). Au 2 décembre, 23 nouvelles cotations ont été enregistrées. C’est certes moins que les 49 IPO recensées en 2021, année exceptionnelle du fait du rattrapage des introductions repoussées en raison de la crise sanitaire, mais quatre ou cinq nouvelles IPO sont encore attendues à Milan d’ici la fin du mois de décembre.

 

Task Force

 

Il faut dire que Borsa Italiana s’est fixé un nouveau challenge : développer l’appétit de cotation des grandes et des moyennes entreprises (large et mid caps). "Nous avons constaté un vrai dynamisme sur le marché Euronext ‘Growth ‘ Milan (19 cotations à date, ndlr) qui opère avec des règles d’admission plus souples. Aussi, nous avons travaillé à la compétitivité du marché principal. Une task force a été créée, coordonnée par le ministère italien du Trésor, en collaboration avec Euronext (propriétaire de Borsa Italiana depuis 2021) et les régulateurs, afin de réfléchir à une simplification des règles de cotation en Italie. Celle-ci a été annoncée et mise en pratique au début du mois d'octobre dernier ", relate la responsable des cotations d’actions en Italie chez Euronext.

Ainsi, la documentation à fournir dans le cadre d’un projet d’IPO a considérablement été allégée. Alors que les entreprises désireuses de s’introduire à la bourse de Milan devaient jusqu’à présent produire un business plan ainsi qu’un rapport, préalablement audité, sur leur système de gestion, elles n’ont désormais plus besoin de s’y soumettre. Un gain financier non négligeable et notamment pour les sociétés de taille moyenne qui n’ont pas forcément les ressources nécessaires pour le faire.

 

Harmonisation des règles de cotation

 

A noter également que grâce à cette réforme des règles de cotation, celles-ci sont désormais alignées à celles des autres marchés d’Euronext. Une étape indispensable à la migration des marchés au comptant de Borsa Italiana sur la plateforme européenne de négociation Optiq prévue pour le premier trimestre 2023. "L’harmonisation des règles de cotation est la condition nécessaire pour que le marché de Borsa Italiana rejoigne le marché commun européen d’Euronext ", rappelle Barbara Lunghi. Une migration qui permettra aussi à la bourse italienne d’étendre son influence sur un marché beaucoup plus vaste et surtout plus liquide. "Nos projections pour 2023 sont très bonnes d’autant que la volatilité des marchés en raison de la guerre en Ukraine a obligé certaines entreprises à repousser leurs intentions de cotation. Par ailleurs, des entreprises familiales et certains fonds de private equity, en fin de cycle, chercheront probablement à se désengager de certaines sociétés italiennes. Dans cette optique, une introduction en bourse pourrait apparaître comme une excellente solution", fait-elle valoir.

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