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Euronext, AMF, cotation

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Colis Privé / IPO / introduction en Bourse / commerce électronique / e-commerce

Le monde d’après porte Colis Privé jusqu’à la Bourse

La société de logistique pour le commerce en ligne veut profiter de la forte croissance de ces dernières années et de l’accélération des perspectives du secteur.
Eric Paumier, co-fondateur de Colis Privé - DR
Eric Paumier, co-fondateur de Colis Privé - DR

Après avoir bénéficié de l’explosion du commerce en ligne consécutive à la crise sanitaire, Colis Privé entend profiter de celle des marchés actions pour s’introduire en Bourse d’ici au début du mois de juillet.

Proposant des services de livraison à domicile liés au commerce électronique, il a annoncé hier l’approbation de son document d’enregistrement par l’Autorité des marchés financiers (AMF) – une étape précoce vers son introduction en Bourse (IPO).

Aucun montant n’est encore fixé – c’est au fil des discussions entre les banques organisatrices JPMorgan et Crédit Agricole CIB et les investisseurs qu’une première fourchette de prix sera déterminée. Mais des indices permettent de se faire une idée.

Colis Privé veut faire son entrée dans le compartiment B d’Euronext, qui correspond à des sociétés dont la capitalisation est comprise entre 150 millions et 1 milliard d’euros. Le plus proche comparable européen déjà coté, le polonais InPost, s’est introduit à la Bourse d’Amsterdam en début d’année à 26 fois son Ebitda. Ce qui, rapporté aux 22 millions d’Ebitda courant réalisés par Colis Privé en 2020, fait ressortir une capitalisation potentielle de 572 millions d’euros. Mais le Français est plus asset light que son concurrent : grâce à la licence postale dont il dispose en France, il est en mesure de proposer la livraison au domicile, alors que le modèle d’InPost repose sur des casiers automatisés, ce qui nécessite d’importants investissements. Il en ressort un taux de conversion de l’Ebitda en cash particulièrement élevé chez Colis Privé (entre 80 % et 95 % affirme la société). Un avantage que les dirigeants et les banquiers peuvent espérer monétiser au moment de valoriser la société - et qui laisse imaginer un multiple de valorisation supérieur.

Conserver le contrôle

Très sollicités par les fonds d’investissement, aux ressources financières records, mais aussi par les entreprises du secteur, les deux cofondateurs Frédéric Pons et Eric Paumier (qui détiennent, via leur holding Hopps, près de 91 % du capital de Colis Privé) ont préféré garder les mains libres. Même un fonds actionnaire minoritaire aurait demandé un certain pouvoir de codécision, ce qu’ils ne souhaitent pas, expliquent-ils à WanSquare. Leur objectif est, qu’à l’issue de l’opération, le flottant de Colis Privé représente environ 30 % du capital. L’IPO se fera à travers l’émission d’actions nouvelles et une cession secondaire (c’est-à-dire d’actions existantes par les actionnaires).

Le produit de l’augmentation du capital financera la conquête commerciale en France et à l’étranger et les moyens de production pour soutenir cette croissance : Colis Privé ouvre cette année la Belgique, le Luxembourg et le Maroc, tandis que les Pays Bas et l’Afrique figurent au programme ultérieurement. Celui de la cession secondaire ira au désendettement de Hopps. Amazon, qui détient les 9 % restants de Colis Privé, n’a pas encore dévoilé ses intentions. Sa participation est héritée de sa tentative de prise de contrôle de l’entreprise en 2016 – il était alors monté jusqu’à 25 % du capital.

Le leader mondial du e-commerce reste l’un des principaux partenaires de l’entreprise. Mais celle-ci a considérablement réduit sa dépendance à son égard, en multipliant les partenariats avec d’autres e-commerçants (comme Alibaba), mais aussi des services postaux (comme DHL, avec lequel elle a obtenu l’exclusivité de l’ensemble des livraisons d’e-commerce en provenance de 28 pays) et des enseignes (Zalando, Veepee, H&M, Fnac Darty…). Le poids d’Amazon dans le chiffre d’affaires de Colis Privé est passé de 59 % en 2018 (la société affichait un revenu total de 144 millions d’euros) à 32 % au 31 mars 2021 (pour un revenu total de 257 millions sur 12 mois glissants). La part des grandes plates-formes chinoises a, elle, bondi de 1 % à 23 %. La part des commerçants en ligne européens (hors France) est, elle, passée de 5 % à 16 %. Colis Privé s’internationalise donc et diversifie sa base de clientèle. Ses dix premiers clients représentent 66 % des revenus l’année dernière, contre 81 % deux ans plus tôt. Un poids en baisse, mais qui reste important – un élément de risque que regardent particulièrement les investisseurs lors d’une IPO.

D’autant plus que le marché des IPO a connu quelques hoquets ces dernières semaines, avec des déceptions importantes comme l’annulation du projet de PHE et la revue en baisse des ambitions de Believe, qui a ensuite chuté à sa première séance de cotation. Ce qui montre que devant l’afflux de candidats, les investisseurs se montrent plus sélectifs qu’en début d’année. "Nous nous sommes posé la question de l’opportunité de maintenir notre projet ces dernières semaines ; mais nous pensons que nous ferons partie de la meilleure sélection des investisseurs grâce à notre modèle qui génère un Ebitda et une conversion élevés", explique Eric Paumier.

Colis Privé, alternative à La Poste

Le groupe estime en effet avoir plusieurs atouts. Il ne cherchera pas à concurrencer les généralistes comme Chronopost et se limitera aux particuliers, qui conditionnent les coûts de stockage et de transports, donc la rentabilité : par exemple, un colis en BtoC pèse en moyenne 1 kg, contre 3 kg dans le BtoB. "Nous nous sommes interrogés sur le passage en BtoB pendant des années, mais nous ne l’avons jamais fait pour cette raison", raconte Frédéric Pons. Et dans les pays fonctionnant sans licence postale, Colis Privé ne s’engagera pas non plus dans un modèle de casiers – contrairement à son concurrent InPost – et se reposera sur son organisation en agences régionales, centres de tri et des points relais.

La confiance de Colis Privé a été confortée pendant la crise. Son chiffre d’affaires a bondi de 46 % en 2020, à 234 millions d’euros : pendant que la Poste réduisait ses tournées de moitié au plus fort du confinement, "les e-commerçants ont réalisé qu’il était stratégique pour eux de travailler avec un acteur tel que Colis Privé", affirme Eric Paumier. Les prévisions financières de l’entreprise sont donc à l’avenant : elle anticipe une croissance organique de son chiffre d’affaires de 25 % cette année et une marge d’Ebitda de 15 % dans cinq ans (contre 9,2 % en 2020). Elle anticipe que les revenus réalisés hors de France dépassent les 10 % d’ici à 2025.

 

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