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Le fonds souverain norvégien va délaisser l'Europe
Le fonds norvégien, plus gros investisseur souverain au monde avec 950 milliards d'euros d'actifs sous gestion, dont environ 212 milliards d'actions européennes, devrait se délester de ses titres du Vieux Continent pour la seconde fois en une décennie. Le gouvernement du pays a en effet publié lundi un projet de loi destiné à modifier la composition géographique du portefeuille du Governement Pension Fund. Le projet, qui doit encore être adopté par le Parlement, vise à accroître l'exposition du fonds aux États-Unis et à réduire son exposition à l'Europe dans les mêmes proportions.
Au 30 juin, le GPF détenait pour 41,6% de titres nord américains, et pour 32% de titres européens. Selon le texte dévoilé par le gouvernement de centre droit, la détention en titres américains serait augmentée de 6,4 points à hauteur de 48% tandis que celle en actions européennes diminuerait d'autant, pour passer à 26,5% de son portefeuille actions. Ce qui, selon la valeur du fonds au 31 décembre 2019 impliquerait pour le fonds de vendre pour 42 milliards d'euros de titres européens environ. Dont 6,5 milliards d'euros d'actions françaises environ, puisque l'Hexagone représentait au 31 décembre dernier 15,5% de la poche actions européennes du fonds. Si le fonds applique une logique purement indicielle au moment de la vente, c'est de Total dont il devrait le plus se délester : l'entreprise, dont il détenait 2,3%, pour un montant de 2,7 milliards d'euros au 31 décembre 2019, représentait sa 17e plus grosse participation à la fin de l'année dernière.
"Les changements que nous proposons feront en sorte que les investissements représentent mieux la répartition de la création de valeur dans les sociétés cotées en Bourse au niveau mondial", a déclaré le ministre des finances du pays, Jan Tore Sanner. Pour l'instant, "l'indice de référence des actions du fonds possède une part plus élevée sur les marchés développés d'Europe et une part plus faible sur les marchés développés d'Amérique du Nord (États-Unis et Canada) que ne l'impliqueraient les valeurs de capitalisation boursière complètes et ajustées", explique le projet de loi.
C'est la seconde fois en dix ans que le fonds réduit la voilure en Europe : en 2012, après la crise de la dette, le fonds, jusqu'alors exposé à hauteur de 50% au marché actions européennes, de 35% aux marchés nord américains et de 15% à l'Asie, avait diminué son exposition au Vieux Continent de 17 points, à la faveur des Etats-Unis. Le texte de loi de lundi précise par ailleurs que la composante actions asiatique de l'indice ne devrait pas être modifiée, mais que le fonds pourrait accroître son exposition aux émergents, dans les prochaines années. Ces pays représentaient 11,5% du portefeuille du fonds au 30 juin dernier.
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