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Fonds d'investissements / Fonds souverain / Investissements

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Fonds souverain / Investissements

Les fonds souverains moins friands d'investissements privés

Les puissants investisseurs souverains ont largement diminué la part de leurs investissements dans les infrastructures et l'immobilier l'an dernier car ils trouvent les prix trop élevés, selon le rapport de l'International Forum of Sovereign Wealth Funds.
ADP - aéroport d’Orly
ADP - aéroport d’Orly

Il y a cinq ans encore, les investissements massifs des fonds souverains dans les infrastructures mondiales et notamment européennes faisaient les gros titres des journaux. Le fonds d'Abu Dhabi avait ainsi acquis près de 15% de l'aéroport de Gatwick tandis que le China Investment Corporation avait investi dans la société de distribution d'eau Thameswater à Londres, à hauteur de 9%. Les fonds d'Etat, alors avides de diversifier leurs portefeuilles dans le non côté, ont visiblement changé de stratégie. Du moins au cours de l'an dernier, où leurs investissements dans le non coté ont sensiblement diminué.

Selon un rapport établi par l'International Forum of Sovereign Wealth Funds, qui a passé en revue les investissements de 61 fonds d'Etats sur 2017, ceux dans les infrastructures et l'immobilier sont passés de 100 en 2016 (soit pour 25 milliards de dollars) à 70 l'année suivante (pour 23 milliards de dollars). "Ceci ne pourrait être qu'un contre-exemple de la tendance générale constatée depuis cinq ans", expliquent les auteurs de l'étude. "Ou cela pourrait être au contraire le signal que les fonds ont décidé de capper leurs investissements dans le non coté après plusieurs années de croissance dans le secteur".

Le cas des fonds souverains est isolé au sein de la communauté des investisseurs puisque les fonds spécialisés en infrastructure ont continué de progresser l'an dernier et cette année : selon les données de Preqin, en avril 2018, 181 fonds dédiés envisageaient de lever 137 milliards de dollars dans le secteur. Pourtant, toujours selon le fournisseur de données, les fonds commencent à trouver les niveaux de valorisation dans les infrastructures et l'immobilier un peu élevés, 60% de de ceux interrogés par Preqin ayant cité ce facteur comme la première de leur inquiétude. 

Des prix trop élevés donc, qui pourraient avoir incité les fonds souverains à réduire leurs placements dans le secteur : le rapport du IFSWF souligne ainsi que les investisseurs souverains ont en effet également diminué leurs placements dans l'immobilier commercial et de luxe, dont ils étaient pourtant friands ces cinq dernières années. La réticence de certains régulateurs nationaux à voir leurs actifs les plus stratégiques (les aéroports en sont un bon exemple) passer aux mains d'investisseurs d'Etat étrangers pourrait aussi avoir découragé les fonds souverains de continuer à placer leurs billes dans le secteur.

Selon le rapport de l'IFSWF, les investisseurs souverains ont d'ailleurs davantage investi dans les infrastructures des pays émergents (17 deals en tout en 2017), où les régulateurs et gouvernements sont moins crispés sur leurs joyaux nationaux. "Les pays émergents représentent parfois moins d'enjeux politiques pour les fonds souverains et moins de risque de se voir mettre des barrières de la part des régulateurs", expliquent ainsi les auteurs de l'étude.

Les pays développés sont en revanche davantage ouverts aux partenariats d'investissement avec les fonds, 203 deals de la sorte étant réalisés l'an dernier, selon le rapport. Ce qui permet aux gouvernements nationaux de faire entrer des capitaux étrangers tout en gardant la main sur les actifs d'intérêt national. En France par exemple, en 2017, CDC International Capital (CDC IC), la filiale de la Caisse des Dépôts justement dédiée aux partenariats avec les fonds souverains, a annoncé un accord de co-investissement avec le fonds d'Abu Dhabi pour participer à l'opération destinée à racheter les part de PAI Partners dans le groupe de maisons de retraites DomusVI. 

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